samedi 6 mai 2017

Quelques heures pour faire un choix

Les électeurs se sont chargés il y a 15 jours de sortir les deux candidats anciens ministres de l'éducation dont j'avais dit dans le billet précédent tout le « bien » qu'ils avaient fait pour l'école et pire, le projet de continuer dans la même voie ou presque. Nous voici donc avec deux finalistes dont les programmes sont aux antipodes l'un de l'autre, du moins sur le plan économique dont c'est le seul hélas qui est mis en exergue ces derniers jours. L'éducation est passée à la trappe et je n'ai pas eu le courage d'aller plus loin que les 15 premières minutes du débat télévisé de mercredi dernier. Il nous reste les points de vue exprimés dans les réponses des candidats au formulaire de la société des agrégés dont j'ai donné le lien dans le billet précédent. Il y a un point commun dans les propositions des deux finalistes : la volonté de revaloriser l'enseignement professionnel en lycée et par la voie de l'alternance. E. Macron ne semble pas vouloir une orientation professionnelle au niveau du collège qu'il conserve tel quel, à l'exception d'un retour des classes bilangues ou européennes là où elles ont disparu et d'une restauration des horaires des langues anciennes. En revanche M. Le Pen souhaite la fin du collège unique et une orientation dès la 5ème avec une possibilité de retour dans l'enseignement général. Le lycée général et le bac ne sont pas évoqués par les deux candidats dans leurs lettres mais les média ont fait part de la volonté de E. Macron de réduire l'examen final à 4 épreuves écrites, les autres matières étant évaluées par contrôle continu. Sur ce dernier point, on peut déjà prévoir que les exigences ne seront pas les même d'un lycée à l'autre et il est fort à parier que des pressions locales s'exerceront sur les professeurs évaluateurs pour que le nombre de reçus à l'examen ne soit pas inférieur à ce qu'exige l'institution !
En ce qui concerne la gestion de carrière des professeurs et les conditions de travail, M. Le Pen souhaite réduire l'affectation des agrégés en collège pour les redéployer vers les lycées, les classes post-bac et l'Université à travers les postes « Prag ». Elle souhaite également mettre fin aux rendez-vous de carrière prévus dans la réforme dite PPCR pour revenir au système des inspections, ces dernières devant être plus régulières. Enfin elle propose un alignement progressif de nos rémunérations sur la moyenne européenne. Pour sa part, E. Macron ne veut pas d'une affectation de débutants dans l'éducation prioritaire et il propose une prime de 3000 euros aux courageux volontaires en plus des primes existantes. Et dire que notre actuel ministre est persuadée qu'on ne fait pas ce métier pour de l'argent ! Aucune autre revalorisation en revanche pour tous les autres à l'exception d'une « baisse de cotisation » comme pour les salariés du privé. S'agit-il de revenir sur l'alignement de la cotisation retraite sur celle du régime général pour laquelle nous constatons tous les ans la hausse continuelle et non négligeable ? On peut en douter car il a déclaré par ailleurs vouloir un régime unique pour tous. Cela augure mal pour le calcul des retraites de la fonction publique qui ne serait plus calculé sur les 6 derniers mois de carrière...
Au chapitre de la formation professionnelle, E. Macron souhaite un « développement de la recherche » dont il ne précise pas l'objet, mais on se doute qu'elle est de nature « pédagogique ». Espérons qu'elle ne signe pas le maintien de la férule pédagogiste à l'oeuvre depuis 40 ans... E. Macron nous promet 3 jours de formation continue, sans préciser la fréquence (annuelle, peut-on supposer) ainsi qu'une gestion des carrières « plus proches du terrain ». Cette proximité se plaçant dans le cadre d'une autonomie accrue des établissements dans laquelle il souhaite que les parents aient une implication plus grande. Enfin, il affirme que les suppressions de postes dans la fonction publique n'affecteront pas l'éducation nationale.
Il ne reste plus qu'à faire son choix ! Un dernier mot sur les appels de certains syndicats à voter pour E. Macron. Il est étonnant de voir les directions de ces syndicats prendre parti aussi ouvertement pour un candidat partisan de la mondialisation tandis que leurs militants de base luttent pour le maintien des emplois menacés par les délocalisations induits par cette même mondialisation ! Encore un gouffre entre le peuple et ses représentants...

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