jeudi 15 septembre 2016

Fermeture d'usines : une impuissance gouvernementale organisée

En matière de politique industrielle, l'actuel gouvernement (mais on peut y ajouter les précédents) fait preuve d'autant, voire plus, d'impéritie qu'en matière d'éducation. La grande différence et non des moindres est qu'il peut de moins en moins y imposer ses décisions ! Et pour cause, puisque depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs ont favorisé la désindustrialisation de la France. Dès lors, s'opposer autoritairement à la fermeture d'une usine justifiée économiquement et prévue plusieurs mois voire années auparavant relève d'une posture hypocrite de la part du gouvernement.
Proposer des commandes publiques ne garantit pas que l'usine en difficulté gagnera l'appel d'offre et contrairement à d'autres pays bien plus avisés, la France ne peut même plus imposer que la construction des biens commandés soit réalisée sur le territoire national. Le gouvernement est donc pieds et poings liés pour s'opposer durablement à la fermeture de l'usine Alstom de Belfort, comme d'autres auparavant. Tout au plus, il espère retarder la décision inéluctable jusqu'aux élections de l'an prochain et ainsi refiler la patate chaude à son successeur. Ce dernier ne pourra qu'en prendre acte, au nom de l'adaptation aux « réalités économiques ». Pendant ce temps, notre matériel ferroviaire, surtout les trains Intercités, continue sa dégradation après 40 ans de service. En témoigne cette photo que j'ai prise de la rame Corail que j'ai emprunté pour un trajet entre Narbonne et Toulouse en début d'année. Aussi loin que remontent mes souvenirs de voyageur, je n'avais pas vu un tel délabrement des voitures de la SNCF à l'extérieur et à l'intérieur. Voici au moins un domaine dans lequel on peut affirmer que c'était mieux avant ! Comme on regrette les voitures « grand confort » des années 1970 à 1990 envoyées à la casse après seulement 25 ans de service. Mais j'imagine qu'elles seraient dans le même état aujourd'hui que les voitures Corail... Il paraît que ces dernières seront remplacées par du nouveau matériel de chez Alstom d'ici... quelques années. Nous les attendons avec impatience !

Fermeture d'usines : une impuissance gouvernementale organisée

En matière de politique industrielle, l'actuel gouvernement (mais on peut y ajouter les précédents) fait preuve d'autant, voire plus, d'impéritie qu'en matière d'éducation. La grande différence et non des moindres est qu'il peut de moins en moins y imposer ses décisions ! Et pour cause, puisque depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs ont favorisé la désindustrialisation de la France. Dès lors, s'opposer autoritairement à la fermeture d'une usine justifiée économiquement et prévue plusieurs mois voire années auparavant relève d'une posture hypocrite de la part du gouvernement.
Proposer des commandes publiques ne garantit pas que l'usine en difficulté gagnera l'appel d'offre et contrairement à d'autres pays bien plus avisés, la France ne peut même plus imposer que la construction des biens commandés soit réalisée sur le territoire national. Le gouvernement est donc pieds et poings liés pour s'opposer durablement à la fermeture de l'usine Alstom de Belfort, comme d'autres auparavant. Tout au plus, il espère retarder la décision inéluctable jusqu'aux élections de l'an prochain et ainsi refiler la patate chaude à son successeur. Ce dernier ne pourra qu'en prendre acte, au nom de l'adaptation aux « réalités économiques ». Pendant ce temps, notre matériel ferroviaire, surtout les trains Intercités, continue sa dégradation après 40 ans de service. En témoigne cette photo que j'ai prise de la rame Corail que j'ai emprunté pour un trajet entre Narbonne et Toulouse en début d'année. Aussi loin que remontent mes souvenirs de voyageur, je n'avais pas vu un tel délabrement des voitures de la SNCF à l'extérieur et à l'intérieur. Voici au moins un domaine dans lequel on peut affirmer que c'était mieux avant ! Comme on regrette les voitures « grand confort » des années 1970 à 1990 envoyées à la casse après seulement 25 ans de service. Mais j'imagine qu'elles seraient dans le même état aujourd'hui que les voitures Corail... Il paraît que ces dernières seront remplacées par du nouveau matériel de chez Alstom d'ici... quelques années. Nous les attendons avec impatience !

mercredi 24 août 2016

Un candidat de plus...

J'avais en chantier ce mois-ci la rédaction d'un article sur le projet pour l'Ecole du parti Les républicains en vue de la prochaine élection présidentielle. Mais voici qu'avant hier, un certain Nicolas S. annonce sa candidature à cette élection dans un livre à paraître demain. Le texte programme de Les républicains a le mérite d'être disponible gratuitement sur le site du parti et il peut donc être consultable par tous. Ce n'est pas le cas de celui de son président car il faut faudra bourse délier pour le consulter intégralement. Nous devons donc nous contenter des quelques bribes diffusées dans les média. Elles sont déjà suffisantes pour avoir une idée des intentions de son rédacteur. Elles ne constituent pas une surprise puisqu'elles avaient été déjà mises en œuvre lors de sa présidence. Le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite par exemple. Mais le candidat souhaite l'étendre à la fonction publique territoriale. On se demande comment il va procéder puisque les collectivités territoriales ont la maîtrise de la gestion de leur personnels. L'augmentation du temps de travail des professeurs n'est pas non plus nouvelle. On retrouve d'ailleurs cette proposition dans le programme de son parti. Il reste à savoir comment cette mesure sera réalisée. Par une obligation d'effectuer plus d'heures supplémentaires au-delà de la seule actuellement imposable ? Et seront-elles payées au tarif actuel ? Dans tous les cas, les heures supplémentaires sont déjà une dure réalité pour de nombreux collègues qui doivent en faire afin de boucler leur fin de mois. La seule noisette de beurre à mettre dans les épinards est la proposition de les défiscaliser, mesure déjà mise en œuvre du temps de sa présidence et supprimée par la majorité actuelle. Rien en revanche sur le gel du point d'indice de la fonction publique qu'il avait décidé en 2010 et que son successeur a poursuivi. Mais on peut être certain qu'il rétablira cette mesure vu qu'il refuse toute augmentation générale des traitements, lui préférant une rémunération « au mérite » (qui reste évidemment à définir!). Je passe sur la proposition de réduction de l'impôt sur le revenu pour en venir sur l'augmentation de l'âge de la retraite. N. Sarkozy annonce une passage à 63 ans dès 2020 puis 64 en 2025. Une amie-collègue de mon âge pensait que notre génération ne serait plus affectée par de futures augmentations de l'âge de la retraite vu la proximité (relative) de ce dernier. Je vais devoir la détromper à la rentrée si elle n'a pas eu vent de cette mesure ! Cerise sur le gâteau des futurs retraités de la fonction publique, l'ancien président promet également un alignement du calcul des pensions sur celui du privé. Là encore, ma collègue n'y croyait pas non plus ! Après cela que restera-t-il des « avantages » d'effectuer une carrière dans la fonction publique ? La sécurité de l'emploi ? Elle est toute relative et ce serait bien le dernier « avantage ». Voilà qui fera fuir définitivement les rares candidats de valeur aux concours de recrutement et on ne peut pas leur donner tort ! Cette mesure vexatoire ne rapportera d'ailleurs pas grand chose en terme d'économies pour l'Etat. Hormis les collègues entrés tardivement dans la carrière, la plupart d'entre-nous parvient au dernier échelon de rémunération une bonne dizaine d'années (voire quinzaine) avant l'âge de départ. Un calcul sur les 15 ou 20 dernières années ne changera que peu le montant de la pension. Le cas est bien sûr différent pour ceux qui accèdent à la hors classe. Mais la majorité de la profession n'a pas cette chance. Economies de bouts de chandelle...
On peut parier que les propositions précédentes qui consistent à faire des économies figurent dans le catalogue d'autres candidats à la présidentielle...

jeudi 11 août 2016

Augmentation du point d'indice : une perte effective malgré la hausse !

Si la majorité des professeurs fonctionnaires constatent la même chose que moi sur le montant de leur traitement du mois de juillet, le gouvernement aura totalement raté sa mesure de dégel (provisoire) du point d'indice ! Et voir fondre les bénéfices électoraux qu'il pensait en tirer. En regardant le montant de ma fiche de paie de juillet 2015, mois ou l'on ne reçoit généralement que son traitement de base, j'ai constaté une baisse de 21 euros sur ce qui m'a été versé en juillet 2016 ! Par quel prodige une mesure d'augmentation salariale se traduit-elle par une baisse ?
Deux raisons : l'augmentation de la cotisation pour pension comme tous les ans jusqu'en 2020(*) et une augmentation de la cotisation à la mutuelle, celle à laquelle cotise une majorité de collègues. Sur ce dernier point, le gouvernement n'y est évidemment pour rien, il suffirait de changer de couverture santé pour payer moins. Mais il se trouve que ma cotisation mutualiste n'est augmentée que de 19 euros. Il y a donc une baisse effective de 2 euros de salaire que ne compense même pas l'augmentation du point d'indice. Il en sera de même évidemment lors de la deuxième « vague » d'augmentation en janvier prochain. Le gouvernement pensait nous caresser dans le sens du poil. Hélas, le gant s'est révélé rugueux !

(*) 15 euros par mois pour les derniers échelons de la grille de rémunération des agrégés et ce pendant 9 années (2012-2020) ce qui représente 15x9 = 135 euros. C'est presque l'équivalent d'un échelon qui va disparaître de nos rémunérations ! La fonction publique d'Etat coûte de moins en moins cher...

samedi 16 juillet 2016

Faisons comme si de rien n'était

Le ciel redevenu bleu hier matin annonçait enfin une vraie journée d'été paisible jusqu'à ce que je mette en route la radio et que j'entende la triste nouvelle de cet attentat à Nice. Le journal suivant fait part des circonstances du drame puis commencent les commentaires des spécialistes et autres experts pour échafauder des hypothèses sur les motivations du meurtrier entrecoupés de témoignages sur le vif mais qui relèvent plus de l'émotion que de l'information. Là (et las !), je décide couper tout moyen d'information pour la journée. On n'en apprendra pas plus à écouter ou regarder en boucle les mêmes déclarations et les mêmes images. Consacrer autant de glose à ce drame ne fait que conforter les éventuels commanditaires sur l'efficacité de leur action et susciter l'envie de faire de même chez des candidats terroristes narcissiques. De plus, cela ne permettra pas hélas de déjouer un autre attentat de ce genre, commis par un seul individu, semble-t-il. Le mieux que nous puissions faire en tant que simple citoyen est de vaquer sans crainte à nos occupations habituelles et ne rien changer à notre mode de vie. Ce serait donner raison à ces gens dont les ressorts relèvent nettement plus de la psychiatrie que de la religion ou de la politique.

samedi 11 juin 2016

Revalorisation de carrière par les vases communicants

Après le « dégel » (provisoire?) du point d'indice de la fonction publique décidé il y a quelques mois, on pensait que le gouvernement avait ouvert exceptionnellement sa hotte de père Noël à une année des élections générales. Voici qu'il la ré-ouvre une seconde fois pour dévoiler des nouvelles grilles de carrière avec augmentation des indices de chaque échelon. Légère hausse plus qu'augmentation car elle se résume à 9 points d'indice ce qui représente environ 500 euros bruts annuels. Pas de quoi effacer le gel du point entre 2010 et 2016 et l'augmentation de la retenue pour pension qui court encore jusqu'en 2020.
En regardant de plus près les mesures annoncées sur le site du ministère, on s'aperçoit que les généreux 9 points d'augmentation proviennent du transfert en deux temps de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves (ISOE) vers le traitement brut ! Un pur jeu comptable donc, ou la version financière des vases communicants. Il fallait y penser. Les gestionnaires du ministère à l'origine de ce tour de passe passe méritent leur primes rondelettes... Cette mesure ne coûtera donc rien à l'Etat, alors que les média ont fait part bruyamment d'un coût de 1 milliard pour les finances publiques.
La modification de l'avancement de carrière ne devrait pas non plus coûter grand chose. S'il n'y a plus qu'un seul rythme d'avancement pour tous, il correspond au niveau médian de l'ancienne grille (le « choix »), auquel la majorité des professeurs avançaient dans la carrière (les premiers 5/7 du tableau d'avancement d'échelon) . Il fallait 26 ans et quelques pour parcourir les 11 échelons de la classe normale, il en faut toujours 26 pour parcourir la nouvelle grille. Elle permettra juste de ne pas léser les collègues trop peu souvent inspectés dont la note était insuffisante pour leur éviter un passage à l'ancienneté.
La hors classe devient en théorie accessible à tous dès le 9ème échelon (au lieu du 7ème auparavant, même si dans la pratique, un accès à ce niveau est assez rare) et il restera à vérifier qu'elle le sera bien. Une classe exceptionnelle vient coiffer la hors classe mais elle ne sera accessible qu'à ceux ayant exercé en éducation prioritaire ou assuré des missions particulières. Pour ces dernières, la promotion à cette surclasse est donc liée à des activités sans rapport direct avec l'enseignement dispensé devant élèves. Inutile de faire du zèle en classe pour y accéder ! Comme aujourd'hui, il y a peu de chance que cela soit récompensé. Ceux qui exercent des fonctions de conseiller pédagogique ou de formateur et bien vus de leur direction devraient sans difficulté accéder à ce nirvana de l'échelle de rémunération.
Dans le dossier de présentation de ces mesures sur le site du ministère, on lit que le gain de traitement d'un professeur certifié sur l'ensemble de sa carrière (classe normale puis hors classe) représentera 23 000 euros. Si l'on étale ce gain sur 30 ans (26 ans de classe normale et 4 ans de hors classe), cela ne représente que 766 euros de plus par an et moins bien sûr si l'on calcule sur 40 années, durée plus probable d'une carrière complète pour une retraite sans décote... Pas vraiment de quoi sauter au plafond et susciter des vocations ! A moins que les candidats à l'enseignement jettent un œil sur ce qui est promis aux professeurs agrégés. Le site du ministère fait miroiter l'échelle lettre B soit une rémunération brute comprise entre 54 600 et 60 000 euros par an ! Mais il faut lire plus haut que ces émoluments ne seront perçus que par les heureux élus à la classe exceptionnelle. Pour le commun des mortels, la carrière se terminera à la hors classe dont il faudra surveiller qu'elle devienne vraiment accessible à tous lors de la mise en œuvre de ces mesures. Encore une fois, attirer des candidats de valeur aurai dû passer par une revalorisation substantielle du début de carrière. Celle proposée est nettement insuffisante. Des étudiants brillants n'attendront pas 26 ans de carrière avant d'avoir une rémunération à la hauteur (ou presque) de celles du secteur privé, ou de la haute fonction publique d'Etat.
La conséquence du rythme unique d'avancement est la disparition des inspections telles que nous les connaissons. Pour ma part, je suis ravi de cette disparition tant ces inspections étaient devenues caricaturales ces dernières années. Les « conseils » pédagogiques données par les inspecteurs se résumaient à un discours formaté et lénifiant de promotion de pédagogie de projet et autres « compétences ». Le contenu du cours dispensé était à peine évoqué pendant l'entretien suivant l'inspection. Il se substitue à ce système quatre « rendez-vous de carrière » dont il n'est pas fait mention de la forme qu'ils prendront et par qui ils seront conduits. On a du mal à voir l'enjeu que représentent ces entretiens hormis la possibilité de deux « accélérations » de carrière réduisant de 26 à 24 ans le parcours dans l'échelle de rémunération. Quelle accélération en effet !
Ces mesures sont elles menacées par un changement de majorité l'an prochain ? On peut en douter, vu qu'elles ne représentent qu'un engagement financier assez modeste par le tour de passe-passe opéré. Le calendrier pourrait être éventuellement retardé par la majorité suivante qui, bien sûr, trouvera les finances publiques dans un état déplorable!
 


mardi 31 mai 2016

Agrégation pour tous ?

Vouloir discrètement réduire les crédits de la recherche et proclamer la priorité de l'emploi, ici celle de jeunes chercheurs, relève d'un étonnant paradoxe. Les 150 millions d'euros que le gouvernement s'apprêtait à retirer en catimini aux laboratoires en suscitant à juste titre la colère des chercheurs n'étaient sûrement pas superflus dans leurs activités. Une bonne partie de cette somme sert bien souvent à rémunérer des doctorants ou post-doctorants qui constituent la cheville ouvrière des laboratoires. Supprimer ces crédits c'était réduire fortement leur activité. Suite à la protestation de quelques personnalités, le massage a fini par être compris au plus haut sommet de l'état et les crédits réattribués derechef.
Comme pour se faire pardonner de sa bévue, le gouvernement a décrété récemment l'ouverture d'un concours spécifique d'agrégation pour les titulaires d'un doctorat. On peut déjà douter que les épreuves (ou la seule épreuve!) de ce concours réservé ne seront pas de même nature et surtout du même niveau que celles (nombreuses!) l'agrégation externe. La spécialisation extrême d'un doctorat s'oppose à la nature généraliste de l'agrégation qui couvre la totalité d'un champ disciplinaire. Préparer l'agrégation externe nécessite au minimum une année de préparation intensive aux épreuves écrites et orales. On imagine mal un néo-docteur sortant de 3 ou 4 années d'un travail très spécialisé s'investir une année complète et de surcroît sans financement dans ce travail de préparation. Il y a donc de fortes chances que ce « concours » se limitera à une seule épreuve dont la préparation exigera un travail plus limité que le concours externe.
C'est donc tout ce que le gouvernement a imaginé pour favoriser l'emploi des docteurs en France ? N'était-ce pas plus simple que d'augmenter le nombre de postes aux concours de maître de conférence ? D'autant que le nombre d'étudiants dans les universités est en augmentation. Le gouvernement a une idée économique derrière la tête : que les docteurs agrégés par ce concours se présentent à des postes « Prag » devant la pénurie de postes de statut universitaire. Les « Prag » doivent un service d'enseignement double par rapport aux maîtres de conférence. Ce serait gagner un poste sur deux ! Reste posée la question de la reconnaissance des agrégés déjà docteurs lesquels ne bénéficient d'aucun avantage de carrière pour la possession d'un doctorat...