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mercredi 24 août 2016

Un candidat de plus...

J'avais en chantier ce mois-ci la rédaction d'un article sur le projet pour l'Ecole du parti Les républicains en vue de la prochaine élection présidentielle. Mais voici qu'avant hier, un certain Nicolas S. annonce sa candidature à cette élection dans un livre à paraître demain. Le texte programme de Les républicains a le mérite d'être disponible gratuitement sur le site du parti et il peut donc être consultable par tous. Ce n'est pas le cas de celui de son président car il faut faudra bourse délier pour le consulter intégralement. Nous devons donc nous contenter des quelques bribes diffusées dans les média. Elles sont déjà suffisantes pour avoir une idée des intentions de son rédacteur. Elles ne constituent pas une surprise puisqu'elles avaient été déjà mises en œuvre lors de sa présidence. Le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite par exemple. Mais le candidat souhaite l'étendre à la fonction publique territoriale. On se demande comment il va procéder puisque les collectivités territoriales ont la maîtrise de la gestion de leur personnels. L'augmentation du temps de travail des professeurs n'est pas non plus nouvelle. On retrouve d'ailleurs cette proposition dans le programme de son parti. Il reste à savoir comment cette mesure sera réalisée. Par une obligation d'effectuer plus d'heures supplémentaires au-delà de la seule actuellement imposable ? Et seront-elles payées au tarif actuel ? Dans tous les cas, les heures supplémentaires sont déjà une dure réalité pour de nombreux collègues qui doivent en faire afin de boucler leur fin de mois. La seule noisette de beurre à mettre dans les épinards est la proposition de les défiscaliser, mesure déjà mise en œuvre du temps de sa présidence et supprimée par la majorité actuelle. Rien en revanche sur le gel du point d'indice de la fonction publique qu'il avait décidé en 2010 et que son successeur a poursuivi. Mais on peut être certain qu'il rétablira cette mesure vu qu'il refuse toute augmentation générale des traitements, lui préférant une rémunération « au mérite » (qui reste évidemment à définir!). Je passe sur la proposition de réduction de l'impôt sur le revenu pour en venir sur l'augmentation de l'âge de la retraite. N. Sarkozy annonce une passage à 63 ans dès 2020 puis 64 en 2025. Une amie-collègue de mon âge pensait que notre génération ne serait plus affectée par de futures augmentations de l'âge de la retraite vu la proximité (relative) de ce dernier. Je vais devoir la détromper à la rentrée si elle n'a pas eu vent de cette mesure ! Cerise sur le gâteau des futurs retraités de la fonction publique, l'ancien président promet également un alignement du calcul des pensions sur celui du privé. Là encore, ma collègue n'y croyait pas non plus ! Après cela que restera-t-il des « avantages » d'effectuer une carrière dans la fonction publique ? La sécurité de l'emploi ? Elle est toute relative et ce serait bien le dernier « avantage ». Voilà qui fera fuir définitivement les rares candidats de valeur aux concours de recrutement et on ne peut pas leur donner tort ! Cette mesure vexatoire ne rapportera d'ailleurs pas grand chose en terme d'économies pour l'Etat. Hormis les collègues entrés tardivement dans la carrière, la plupart d'entre-nous parvient au dernier échelon de rémunération une bonne dizaine d'années (voire quinzaine) avant l'âge de départ. Un calcul sur les 15 ou 20 dernières années ne changera que peu le montant de la pension. Le cas est bien sûr différent pour ceux qui accèdent à la hors classe. Mais la majorité de la profession n'a pas cette chance. Economies de bouts de chandelle...
On peut parier que les propositions précédentes qui consistent à faire des économies figurent dans le catalogue d'autres candidats à la présidentielle...

dimanche 20 septembre 2015

La dictée

Bel exercice de démagogie avant hier de la part du ministre de l'éducation et d'un ancien ministre de l'autre bord ayant occupé le poste et qui brigue aujourd'hui l'investiture pour la place suprême de la République. Ainsi donc, la dame préconise une dictée quotidienne au primaire ! Parce que ce n'était pas déjà le cas ? On se s'était pas rendu compte en haut-lieu que c'est par l'entraînement quotidien qu'on assimile savoir et savoir-faire ? Mieux vaut tard que jamais. Cependant cette injonction ne coûte rien et n'oblige à rien car elle ne figure pas paraît-il dans les programmes publiés vendredi dernier. Reste pour les professeurs des écoles à trouver du temps scolaire pour pratiquer régulièrement cet exercice indispensable, si c'est encore possible au milieu de la foultitude d'activités introduites ces deux dernières décennies. Quant à l'ancien ministre F. Fillon, il confie dans le même article du Monde qu'il avait déjà préconisé la dictée quotidienne au primaire et au collège en 2004 et il avait été fortement critiqué pour cela à l'époque. Il passe évidemment sous silence l'échec et l'inutilité de son « socle commun de connaissances et compétences » introduit pour remédier aux difficultés d'apprentissage. Le comble de l'hypocrisie est atteint lorsqu'il dit craindre que le gouvernement n'ai pas assez d'autorité pour y parvenir ! Le passage en force de la réforme du collège prouve le contraire. En revanche, on peut douter de l'autorité effective de F. Fillon s'il revenait aux affaires, lui qui n'a fait que suivre les projets ravageurs des idéologues en poste au ministère et dont on mesure les conséquences aujourd'hui. Le regretterait-il aujourd'hui ? J'en doute fortement.
Je n'ai pas lu le livre qu'il vient de faire paraître. Mais je suis sur que son contenu mériterait sûrement qu'on rajoute au titre « Faire » le sous-titre « la même chose » !

mardi 15 septembre 2015

Humour mortel

Après les événements tragiques de janvier, voici que le dessin de presse et leurs auteurs sont à nouveau l'objet de haine avec les menaces de mort proférées contre le dessinateur Chaunu. Tout cela pour un dessin montrant un enfant allongé face contre terre muni d'un cartable avec la mention en haut « C'est la rentrée ! ». Ces gens n'ont décidément aucune distance émotionnelle avec l'actualité et encore moins le sens de la dérision sinon de l'humour (mais c'est trop demander!). S'ils voyaient la dernière page du numéro 1207 de Charlie Hebdo du 9 septembre, ils s'en étoufferaient de rage ! C'est d'ailleurs curieux que personne sur le net ne se soit indigné de ce dessin. On laisse enfin Charlie Hebdo caricaturer en paix et c'est tant mieux !

mercredi 7 janvier 2015

L'horreur

J'en étais resté à la nouvelle du matin que la France venait d'être dépassée (déclassée?) par le Royaume uni de son rang de 5ème puissance économique et je me demandais jusqu'où descendrait notre pays dans les mois et les années qui viennent lorsqu'un ami en visite cet après-midi m'a annoncé l'attaque horrible contre le journal Charlie Hebdo. Comment des individus, qui ne méritent évidemment pas le nom d'hommes, peuvent-ils commettre un acte aussi atroce ? Le motif religieux n'est évidemment qu'un enrobage grossier pour (mal) dissimuler une pulsion de haine et de mort contre toutes les libertés dont nous bénéficions sur notre sol et conquises de haute lutte depuis fort longtemps. Si ces barbares pensent nous faire peur et nous faire taire, qu'ils sachent qu'il n'y arriveront pas, du moins pas avec moi, j'ai le plaisir de leur en donne une preuve :



J'espère que les auteurs de cet acte seront retrouvés rapidement et jugés dans toute la rigueur de la loi.

jeudi 1 janvier 2015

Colifichets à solder !

L'humoriste Jean Yanne avait dit en son temps, alors que la légion d'honneur venait d'être attribuée à Brigitte Bardot, que cette décoration, comme le papier toilette, convenait à toutes les fesses. Aussi, je comprends et je félicite notre collègue Thomas Piketty d'avoir refusé ce colifichet hier. A l'heure d'internet, ces distinctions et autres décorations deviennent vraiment obsolètes pour faire reconnaître ses mérites, quels qu'ils soient ! Le quart d'heure (ou plus) de célébrité warholien s'obtient aujourd'hui en quelques clics. Et pour faire suite à l'article d'hier, je suggère au gouvernement de privatiser toute l'institution de la légion d'honneur et celle des autres « récompenses » en les mettant en vente. Voilà qui devrait rapporter quelque menue monnaie pour contribuer à payer l'énorme indemnité à verser à Ecomouv...

Des étrennes pour Ecomouv, pas pour les profs !

La société Ecomouv va recevoir de l'Etat, c'est à dire de nous, la somme rondelette de 800 millions d'euros en dédommagement de l'abandon de l'écotaxe par le gouvernement l'an dernier. De belles étrennes pour commencer l'année mais on peut douter que les anciens salariés de la société « remerciés » en profitent. Tout cela ira sans doute dans d'autres poches mais pas dans celles des serviteurs de l'Etat dont le point d'indice de rémunération est bloqué depuis 4 ans (et 5 avec le nouveau millésime). L'indemnité versée à Ecomouv représente rien de moins que 1000 euros de prime pour chacun des 800 000 et quelques professeurs de France. Le gouvernement a plus peur d'une petite société privée que d'une révolte en masse de ses agents.
S'il fallait faire un seul voeux pour 2015 ce serait celui de voir la fin de la résignation des collègues devant l'état de la profession. Bonne année 2015 !


PS : Il n'est pas dit que Ecomouv ne se pourvoit pas en justice pour obtenir plus de l'Etat !
PPS : Cette gabegie d'argent public est à rapprocher de la privatisation des autoroutes en 2005 par le gouvernement Villepin. Pour une somme dérisoire, l'exploitation des autoroutes a été cédée à des sociétés privées qui recueillent aujourd'hui un bon milliard d'euros par an. L'actuel gouvernement nous a joué récemment un mélodrame sur une éventuelle renationalisation avant la fin du contrat en 2014 pour cause de hausse abusive des péages mais cela n'a trompé personne. Les contrats d'exploitation sont parfaitement léonins au profit des sociétés et l'Etat est pieds et points liés devant elles. Toute hausse de la fiscalité serait répercutée sur les usagers. Et une renationalisation ne se ferait sûrement pas au tarif de la vente mais bien plus cher. Merci M. de Villepin et à votre majorité de l'époque ! Pour ma part, j'emprunte le plus souvent possible es routes nationales encore gratuites...


mercredi 12 novembre 2014

L'école, c'était mieux avant ?

Voici encore un article qui prétend convaincre le lecteur que l'école d'aujourd'hui est bien meilleure que celle d'hier. La démonstration n'est pas vraiment probante. La seule « preuve » avancée par la journaliste rédactrice de l'article consiste à rappeler cette expérience qualifiée par elle de « décoiffante » réalisée en 1986 lors de laquelle on a fait passer les épreuves du certificat d'études primaire à des élèves contemporains pour comparer leurs résultats à ceux d'élèves des années 1870 dont on avait retrouvé les copies. Il paraît que les élèves contemporains s'en seraient mieux sortis que ceux du passé. Pourtant, il a été montré plus récemment le contraire ! Sur l'orthographe par exemple. On se souvient qu'il y a seulement quelques années, des collègues de français ont fait écrire une dictée du brevet des collèges donnée 20 ans avant. Ce fût peu glorieux pour les « contemporains » comme on peut s'en douter ! Et comme on le constate aussi au jour le jour dans nos copies !
La suite de l'article aborde la mixité à l'école mais sans exposer d'arguments sur son apport positif à l'école. Il y a encore des écoles dans le monde, y compris en Europe, où il n'y a pas de mixité et cela ne semble pas poser de problème aux élèves et à leurs familles. Il m'est arrivé d'enseigner une fois dans deux classes de lycée technologique, l'une composée exclusivement de garçons et l'autre de filles et cela s'est très bien passé. La mixité n'est qu'une transposition scolaire de l'évolution de la société, elle ne constitue absolument pas un préalable indispensable à l'enseignement !
Enfin, sur la discipline, si on ne peut que se réjouir de la fin des traitements un peu brusques avec les élèves dans un passé maintenant bien lointain, les sanctions disciplinaires restent souvent sans effet devant certains. L'arme suprême de l'exclusion définitive de l'établissement n'apporte pas toujours la solution du problème mais ne fait que le déplacer.

Si vraiment c'est mieux aujourd'hui comme le prétend l'article, l'école française devrait faire des merveilles dans les classements internationaux, non ? 

vendredi 31 octobre 2014

L'école « bienveillante » menace les « petits profs » blogueur

Encore une manifestation de l'école « bienveillante » envers ses professeurs ! Cet article de Libération nous apprend qu'un professeur blogueur a été menacé d'un blâme par son rectorat pour avoir critiqué le n-ième plan numérique promu par le ministère de l'Education nationale. L'administration a évoqué un manquement à l'ambigu « devoir de réserve » pour faire taire ce collègue qui pourtant publie sous un pseudonyme. Remarquons au passage que ce ministère dispose apparemment de moyens importants pour surveiller et identifier les écrits des ses employés, à moins que ce collègue ai dévoilé son identité. Il rappelle à juste titre que d'autres professeurs se montrent plus incisifs et critiques que lui sur l'éducation nationale mais que leur notoriété médiatique les protège de toutes menaces. Nul doute que cette affaire va se calmer depuis que les ennuis de ce collègue ont fait le tour du net. Les censeurs à l'oeuvre au ministère n'aiment pas la publicité. Car on peut en effet parler de censure. Les professeurs ne sont pas des fonctionnaires comme les autres. Ce sont d'abord des intellectuels dont le travail ne se limite pas à la transmission brute de connaissances établies pour toujours. Il consiste aussi à l'examen critique de ces connaissances. Il n'y a pas de raison que notre société et son évolution soient exclues de cet examen, quelle que soit la discipline enseignée ! Dès lors, pourquoi ces critiques devraient-elles rester sous le manteau comme aux temps obscurantistes ? Pour le ministère, nous n'aurions le droit de donner notre avis que lors des « consultations nationales » dont nous savons que les conclusions sont connues d'avance. Eh bien non ! Chacun de nous a le droit (et même le devoir!) de le donner en tant que citoyen, au même titre que les autres, et sous la forme qui lui plaira, « devoir de réserve » ou pas...


PS : Pour éviter les remontrances de l'administration, il est toujours possible de préciser qu'un écrit est publié dans le cadre d'une activité syndicale, politique ou associative. 

mercredi 15 octobre 2014

La mauvaise graisse

Les média sont maîtres dans l'art de faire passer pour des perdreaux de l'année des hommes politiques déjà présents dans l'arène depuis 40 ans, avec les mêmes idées. Prenons au hasard M. Alain Juppé dont on nous a vanté récemment les grands mérites pour prendre la tête de l'UMP et la candidature à la présidence de la République. On se rappellera qu'il y a 18 ans, M. Juppé, premier ministre, avait déclaré à l'Assemblé nationale qu'il préférait « une fonction publique plus efficace et moins nombreuse à une fonction publique qui fait de la mauvaise graisse » (cette belle envolée est disponible en vidéo sur ce lien). Sur ce point, on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir changé d'avis puisqu'il a repris les propositions récentes de Nicolas Sarkozy de réduire le nombre de professeurs de 30% mais d'augmenter d'autant leur temps de travail. Si ces hauts personnages étaient bien informés, ils devraient savoir qu'une bonne partie d'entre nous, surtout en début de carrière, effectue déjà des heures supplémentaires pour mettre du beurre dans les épinards d'une rémunération la plus modeste en comparaison à celle de nos collègues des pays de l'Union européenne avant élargissement à l'Est. Ils n'en sont pas à une ignorance près et la méconnaissance se double d'amateurisme lorsqu'on fait les comptes comme J.P. Brighelli dans cet article. L'augmentation de 30% du temps de travail, déjà presque réalisée avec les heures supplémentaires ne permettront pas d'assurer les heures de cours à effectuer en baissant les effectifs enseignants de 30%. Il faudra obligatoirement réduire d'autant les heures de classe ainsi que les programmes scolaires. Et pourquoi pas augmenter le nombre d'élèves par classe tant que nous y sommes ? Ou les deux ! On entendra les mêmes se plaindre ensuite de « l'inefficacité du système scolaire » et du nombre de jeunes qui le quitte sans qualification. Le cercle vicieux n'est pas prêt de se briser... 



mercredi 17 septembre 2014

Pilotes, notaires : bienvenue dans les professions à modeste salaire !

Mon titre est provocateur mais il ne fait que refléter une tendance de fond de notre belle société, la baisse ou au mieux la stagnation des rémunérations de plus en plus de professions. Avec la multiplication des compagnies aériennes à bas coûts, il fallait s'attendre à ce que les compagnies traditionnelles s'alignent sur ce modèle ou créent des filiales aux tarifs compressés comme les passagers dans leurs avions. Cela passe fatalement par la réduction des salaires des personnels pour affronter la concurrence et être rentable. Cet effet de réduction ne va pas sans conséquence pour les employés de la maison mère. Je suppose qu'il doit en être de même chez les autres catégories du personnel d'Air France mais elles n'ont pas l'air de suivre le mouvement. Notons cependant la force des syndicats de pilotes de la compagnie qui arrivent à mobiliser la majeure partie de leurs adhérents dans une grève qui dure plus de 24h. Cela laisse rêveur dans l'éducation nationale...
La mobilisation est aussi remarquable pour les notaires et huissiers de justice lundi dernier. Des professions, particulièrement les notaires, dont on était à des années lumières d'imaginer qu'elles puissent descendre dans la rue. Dans le journal télévisé de France 2 d'hier, mardi 16 septembre, on pouvait même voir un drapeau CGT Huissiers ! Diable ! Une profession libérale dont un syndicat appartient à une centrale « ouvrière »... Cela me rappelle une pièce de théâtre dans laquelle la regrettée Jacqueline Mailland disait dans une réplique : « mon père était ouvrier. Ouvrier notaire ! ». Je ne suis pas partisan des monopoles dans tous les domaines. Je ne suis pas partisan non plus de la déréglementation à tout va. Mais il doit bien exister un juste milieu pour ces professions. Il n'y aucune raison valable de ne pas les ouvrir à d'autres prestataires. Si notaires et huissiers continuent de proposer un service de qualité à prix concurrentiel, il n'y a pas de raison que leurs clients les boudent...


mardi 26 août 2014

Quatre mois et puis s'en va...

Notre ministre n'aura pas fait long feu à son poste ! Quatre mois tout juste. Il n'aura même pas préparé ni vécu une rentrée scolaire. On peut lui reconnaître l'honnêteté de s'accrocher plus à ses idées qu'à son poste et on aurait aimé que les apparatchiks du ministère, ceux qui détiennent réellement le pouvoir et suggèrent les réformes délétères, soient démis de leurs fonctions par la même occasion. Ils ne manqueront même pas pour assurer l'aspect matériel de la rentrée. Ce remplacement rapide de personnel politique au ministère de l'éducation montre bien que ce n'est pas le titulaire du portefeuille qui manoeuvre de fait le navire mais bien les technocrates idéologues qui assurent la continuité de la trajectoire vers l'iceberg fatal. Et eux n'ont de compte à rendre à personne. Lorsqu'un nouveau ministre est nommé, il a juste à ouvrir les tiroirs du bureau pour y trouver les projets de réformes déjà prêts laissés par son prédécesseur ou préparés par le cénacle des gardiens de la doctrine pédagogique à l'oeuvre depuis près de trente ans. Le titulaire du maroquin n'a plus qu'à les présenter devant la presse après avoir confié à une commission la gestion d'une « consultation » dont la lettre de mission contient déjà les conclusions auxquelles elle doit parvenir. Le travail du ministre ne demande finalement que peu d'imagination politique. Il y a juste un peu de communication à faire mais la pilule des « réformes » passe de mieux en mieux avec la résignation grandissante et désabusée des personnels. Il n'y a plus que les élèves qui sont craints par le locataire de la rue de Grenelle, les seuls capables de lui faire retirer une réforme en descendant dans la rue... Mme Vallaud-Belkacem vient d'être nommée ce soir à la place de B. Hamon à quelques jours de la rentrée. Si sa nomination avait eu lieu après la rentrée, on ne se serait aperçu de rien...     

mercredi 20 août 2014

Allocation de rentrée scolaire : utilisée à tout sauf à ça !

Le versement hier de l'allocation de rentrée scolaire sous condition de ressources s'accompagne invariablement dans les média de reportages sur des mères de familles (*) au budget serré en train d'acheter moult fournitures scolaires dans une grande surface. Avec, bien sûr, le choix cornélien entre le cartable à bas prix et celui de marque... Il serait plus éclairant pour le téléspectateur de montrer les monceaux de stylos, gommes, copies, trousses, ciseaux et même calculatrices que l'on récupère dans nos salles de classes à chaque fin d'année, « oubliés » par nos élèves et pas forcément par les plus aisés d'entre eux... A quoi bon en effet être soucieux du matériel puisque c'est l'Etat qui le paye chaque année ? Et puis tant d'argent versé pour quelques crayons qui serviront si peu et quelques copies qui seront si peu remplies (elle seront aussi plus faciles à corriger!), mieux vaut l'utiliser pour autre chose. Un nouveau téléphone mobile par exemple ! Au lieu d'arpenter le rayon des fournitures scolaires des grandes surfaces, les reporters devraient aussi enquêter dans les boutiques de téléphonie mobile. Je suis prêt à parier qu'on y constaterait une affluence de jeunes, flanqués ou non de leurs parents. Une anecdote éclairante me revient en mémoire à propos de téléphone. Le proviseur d'un lycée où j'ai exercé il y a quelques années recevait une élève et sa mère dans son bureau. La mère, en difficulté financière, venait demander une aide sociale. Au milieu de l'entretien, l'élève a sorti de sa poche un téléphone mobile rutilant orné d'une pomme croquée... A l'époque un tel téléphone coûtait 500 euros au bas mot et même encore aujourd'hui (voire beaucoup plus!), d'après le site du fabriquant que je viens de consulter. Même d'occasion ou « tombé du camion », cela fait un peu dispendieux pour une élève soit disant « dans le besoin ». Je n'ai hélas pas su si l'aide financière avait été accordée et encore moins à quoi elle a servi in fine. Peut-être à acheter le forfait illimité pour le téléphone... Comme je l'ai entendu récemment à la radio, la seule différence aujourd'hui entre les riches et les pauvres, c'est l'argent ! Cette tautologie n'est pas si triviale qu'elle en a l'air car en effet, riches ou pauvres, surtout chez les jeunes, sont vêtus et équipés des mêmes marques toutes plus tendances les unes que les autres. Il ne faudrait surtout pas déchoir face au groupe prescripteur de mode et de comportement sans quoi le « jeune » risque la pire relégation sociale.
Pour en revenir à l'allocation de rentrée scolaire, il y a sûrement des parents qui l'utiliseront à bon escient mais nos gouvernants seraient plus avisés de la donner sous forme de bons d'achat à valoir uniquement sur des articles de fournitures scolaires. Quant aux parents, ils devraient veiller à ce que ce matériel acheté aux frais du contribuable ne soit pas abandonné dans les salles de classe par leur chère progéniture...

(*) Ce sont essentiellement des mères que l'on voit dans ces reportages. Les pères n'aimeraient-ils pas faire les courses de fournitures ou céderaient-ils facilement aux demandes de leurs enfants sur tel ou tel produit ? 

mercredi 9 juillet 2014

Mort à l'école

Les média n'ont pas été très loquaces depuis le drame de vendredi dernier à Albi. C'est assez étonnant, concernant ce qu'on qualifie de « fait divers » et dont les journaux télévisés sont devenus très friands ces dernières années. Le journal télévisé de France 2 a préféré parler de la défaite de nos (in)fortunés footballeurs pendant plus de 20 minutes. Je ne suis pas vraiment un amateur de « faits divers », mais la priorité de l'information ce soir là était assez choquante. Le meurtre d'un professeur des écoles dans l'exercice des ses fonctions, même commis par une personne présentée comme déséquilibrée, est un événement assez grave et révélateur du délabrement de notre société pour passer aux oubliettes de l'information. Il y a peut de chance qu'un procès soit intenté à l'auteur de cet acte si elle est déclarée « irresponsable » mais on peut s'interroger quand même sur le fait qu'elle ai précisément choisi cette institutrice pour commettre un homicide. Si elle était sous le coup d'une folie meurtrière en sortant de chez elle avec un couteau, pourquoi ne s'en est-elle pas prise à la première personne venue pour assouvir sa pulsion de mort ? Elle a forcément du en rencontrer avant d'entrer dans cette école. Il est donc difficile de croire que cet acte n'était pas prémédité et que s'attaquer à cette institutrice était un pur hasard. Le déséquilibre mental a aussi ses limites et c'est bien le professeur et/ou l'institution qu'il (elle) représente qui a été visé par le couteau.
Hélas, il ne sera jamais possible de surveiller efficacement les entrées et les sorties de tous les établissements scolaires, malgré la présence, pas toujours constante, du personnel de la loge. Nous serons toujours à la merci d'un(e) excité(e) déterminé qui entrera pour y « régler ses comptes » au figuré comme au propre. Il y a heureusement des lois pour protéger les agents de l'état dans l'exercice de leurs fonctions. Encore faut-il les appliquer. Et en toutes circonstances, rappeler aux sans gêne et autres malappris, « usagers » de l'Ecole, qu'ils doivent le respect à tous les membres de cette institution. Dans ce domaine, nos gouvernants, passés et présents, ne se sont pas vraiment montrés à la hauteur de leurs obligations. On rappellera à ce sujet, à titre d'exemple, la funeste « loi Jospin » de 1989 qui mis « l'élève au centre du système éducatif », version scolaire de la théorie de l'enfant roi des années 60 et 70. Elle a fortement contribué à la relégation des professeurs et de l'instruction à la périphérie où ils se trouvent encore 25 ans après...



PS : Le ministre vient de déclarer ce jour à l'Assemblée nationale que les filles de la collègue assassinée seront pupilles de la Nation. L'état civil précisera qu'elle est morte au service de la Nation. C'était le moins que la République pouvait faire...


jeudi 3 juillet 2014

Peste émotionnelle

Pour ceux (et ils sont nombreux, mais on leur donne peu la parole!) qui en ont assez de la folie du ballon rond ces dernières semaines, je conseille vivement la lecture de l' excellent livre ci-dessous, Le football, un peste émotionnelle, par les non moins excellents Jean-Matie Brohm et Jean-Marc Perelman. Cette édition date de 2006 mais il n'y a pas grand chose à changer depuis. L'hystérie collective qui saisi une majorité de nos concitoyens arrivera-t-elle à effacer la morosité ambiante qui règne dans notre pays depuis plusieurs mois comme l'espère certains ? Je crains que cet anesthésique n'ai qu'un effet limité dans le temps !
Cet engouement a cependant un avantage pratique. Pour ceux qui souhaitent visiter une exposition très fréquentée, un musée souvent bondé, ou un spectacle à succès, programmez votre visite le jour où la France est en compétition ! C'est ainsi que lors d'une précédente coupe du monde, j'ai pu assister aux grandes eaux nocturnes dans le parc presque vide du château de Versailles. La France disputait ce soir là un match contre je ne sais qui, d'où le peu de monde sur les lieux. Quelques importuns avait eu la mauvaise idée de déambuler avec un récepteur radio ou un téléphone vissé à l'oreille pour écouter les « exploits » de nos jeunes milliardaires en maillot bleu mais ils n'ont heureusement pas gâché le bruit délicat des cascades et fontaines des bosquets sublimes du parc. J'ai passé une bien meilleure soirée que de rester chez moi à supporter les éructations du voisinage... Bonne lecture et/ou bonne visite !


vendredi 27 juin 2014

Bac français et mathématiques : trop dur !!!

Après le tour de l'épreuve de français du bac, jugée trop dure (en des termes peu châtiés ! Pauvre Victor Hugo* !) par une poignée de lycéens sur les réseaux dit sociaux, voici la protestation contre l'épreuve de mathématiques du bac S. Ce n'est évidemment pas la première fois que les candidats au bac (et leurs parents!) font part de leur sentiment de « difficulté » devant certaines épreuves du bac. Mais internet offre désormais une caisse de résonance à ces protestations, très (trop) souvent relayés par les média au moment où l'actualité va se mettre elle aussi en vacances. Pourtant, comme le rappelle fort justement le ministère, les épreuves des examens sont élaborées dans le carde strict des programmes scolaires par des professeurs qui les connaissent très bien. Pour chaque question d'un sujet, il est obligatoire de faire figurer les notions et compétences exigibles inscrites dans les programmes de chaque discipline. La rédaction des sujets est suivie par une phase de vérification et de sélection sous la supervision des inspecteurs de la discipline, voire des inspecteurs généraux. Un sujet « infaisable » ou hors programme passerait difficilement cette étape !
Ces candidats dégoûtés par la « difficulté » de ces épreuves ne sont pas au bout de leur peine et de leur colère. Le bac général n'ayant presque aucune « valeur » sur le marché du travail, ces brillants candidats s'engagent donc à poursuivre leurs études au moins deux années après son obtention. Deux années pendant lesquelles ils risquent fort de trouver bon nombre de sujets encore plus « durs » !

(*) C'est là qu'on mesure la grandeur d'un auteur : ses écrits font encore réagir, en bien ou en mal, près de 130 ans après sa mort...


PS : Après le bac voici que c'est au tour du brevet des collèges d'en prendre plein son grade par de pauvres candidats à qui ont a encore demandé l'infaisable ! 

mercredi 4 juin 2014

Pour en finir avec le bac actuel...

A moins d'habiter sur la planète Mars (et encore!), il est difficile d'échapper au matraquage médiatique sur le baccalauréat qu'on nous assène dans les média depuis plusieurs semaines. On nous le sert quasiment à tous les repas et à toutes le sauces ad nauseam. Après l'épreuve de surf à Biarritz et celle de langue tahitienne en vidéoconférence pour un candidat polynésien en résidence en métropole, voici hier soir au journal de France 2, un reportage de 5 bonnes minutes sur le rôle des parents pendant les révisions ! Ces derniers sont-ils au moins au courant que leurs rejetons ont peu de chance de rater l'examen ? Inutile de s'angoisser, il n'y aura que ceux qui n'auront vraiment rien fait toute l'année pour échouer et encore, un miracle de dernière minute n'est pas exclu pour eux, comme on peut le constater tous les ans. Le plus important est déjà fait, à savoir les voeux d'affectation fait sur le site « admission postbac » . Les filières du supérieur avec sélection à l'entrée font leur choix sur les résultats de la plus grande partie de l'année de terminale, sans que les résultats du bac soient connus. L'obtention de ce dernier n'y changera pas grand chose. Quel est alors son utilité ? On ne voit plus que la satisfaction des parents de voir leurs rejetons obtenir l'examen qu'ils ont eux même passé ou qu'ils n'ont pas passé.
Une proposition : que le bac devienne un examen de fin d'études secondaires et ne soit plus le premier grade universitaire vu qu'il ne garantit plus le niveau requis à l'entrée de l'Université. Alors qu'il faudrait que le baccalauréat amène les lycéens au niveau des exigences de l'enseignement supérieur, c'est ce dernier qui a du adapter les siennes, à la baisse, au niveau des lycéens. En enlevant au bac le caractère de premier grade universitaire qu'il n'a plus depuis longtemps dans les faits, on déconnecterait réussite à l'examen et entrée dans le supérieur. Titulaire du bac ou pas, chaque élève pourra continuer à candidater à la filière de son choix et avoir une place à l'Université si les filières avec sélection n'ont pas retenu son dossier. Rien de changé donc dans la procédure actuelle mais on pourra enfin proposer des épreuves au vrai niveau des exigences de l'enseignement supérieur sans que cela fasse barrage à son accession en cas d'échec. Les recalés auraient ainsi l'occasion d'y faire leurs preuves et mettre à profit les vacances d'été pour combler leurs lacunes ! 

samedi 17 mai 2014

Grève invisible

On veut bien croire que l'actualité de jeudi dernier 15 mai était chargée mais les journaux télévisés les plus regardés du soir même (TF1, France 2) n'ont aucunement parlé de la grève dans la fonction publique ! Pourtant la quasi-totalité des syndicats appelaient à une journée d'action jeudi et les mêmes média en avaient parlé la veille. Il était donc impossible de connaître l'ampleur du mouvement en se limitant à la télévision généraliste !
La presse en ligne n'est pas plus bavarde sur le même sujet dans ses grand titres. En entrant « grève dans la fonction publique jeudi 15 mai 2014 » dans un célèbre moteur de recherche, on aboutit à deux articles du Monde et du Parisien daté du 8 avril. Pas très frais comme information ! L'ampleur de la mobilisation aurait elle effrayée les média ? Il y avait sans doute mieux à montrer, comme cette « journée de la jupe » dans l'académie de Nantes « couverte » par le journal de France 2 le même jour. Nous sommes ravis d'apprendre que les lycéens sont en pointe dans l'égalité des sexes à l'école mais c'est un peu léger de la voir se manifester uniquement sur le plan vestimentaire. Sur ce plan, un défilé de lycéennes en bleu de chauffe ou en tenue de chantier aurait été plus démonstratif que de voir des garçons en jupe.

Pour en revenir à la grève, je me suis joint au mouvement alors que cela ne m'était pas arrivé depuis une bonne quinzaine d'années. Pour une fois que le mot d'ordre ne portait que sur une revendication phare, au lieu du catalogue habituel plus politique que professionnel, il ne fallait pas se priver de manifester son mécontentement devant la dégradation financière continue de notre métier. Le premier ministre nous répond que la contrainte budgétaire oblige à maintenir le gel du point d'indice jusqu'en 2017. Le gouvernement a pourtant bien trouvé 800 millions d'euros dernièrement pour acheter des actions d'un constructeur automobile français pour le sortir de la panade financière dans laquelle il se trouve, suite, non pas à la crise, mais à ses mauvais choix stratégiques. Je doute que cet investissement s'avère fructueux à long terme, notamment en terme d'emploi en France...

vendredi 25 avril 2014

Conseil de discipline

En plus de deux décennies de carrière, je n'ai jamais assisté à un conseil de discipline malgré mon passage dans tous les types d'établissements scolaires. Bien souvent, lorsqu'un tel conseil se réuni, on n'en a qu'un écho très limité et la décision rendue figure sur une feuille parmi d'autres sur les nombreux panneaux d'affichage. Chose inattendue que je ne croyais pas possible pour des raisons juridiques, l'émission de France Culture Les pieds surTerre diffusée à 13h30 ces deux derniers jours nous permet d'assister à deux d'entre eux. Je me suis demandé s'il ne s'agissait pas d'une émission de « radio réalité » avec des comédiens plus « vrais » que nature. Mais non, il s'agit bien de la (triste) réalité d'un collège de Roubaix ou un élève risque une exclusion définitive. Le conseil est livré tel quel aux auditeurs après une présentation plus que légèrement orientée en faveur de l'élève de la part de la réalisatrice de l'émission (le conseil est qualifié de « tribunal pour élève »). Il est vrai qu'on s'apitoierait presque à entendre le jeune potache à la lecture hésitante et penaude de son texte d'explication mêlé d'excuses de ses actes mais on est vite refroidi à l'audition des faits qui lui sont reprochés. On relève dans l'ordre  : crachats sur la chaise d'un professeur avec incitation de faire de même par les camarades de la classe, complicité de vol de téléphone, falsification de documents, miction sur le portail de l'établissement, bagarre sur le parking... La liste est chargée ! Et pourtant, la maman, qui l'air bien dépassée par les événements, assure qu'il fait sa prière régulièrement ! La piété filiale de l'élève va jusqu'à la falsification de la signature de sa mère pour des autorisations de sorties... On voudrait faire un effort d'indulgence, on n'y arriverait pas : la mère de l'élève affirme que ses enfants ne manquent absolument de rien et qu'elle les emmène en vacances quand ils le souhaitent. C'est peut-être là d'où vient le problème. A force de tout obtenir sans effort, on n'accorde plus aucun prix aux choses, ni à ceux qui les donnent. On ne peut pas non plus invoquer des difficultés scolaires, l'élève a montré qu'il pouvait avoir de bons résultats scolaires. La sanction d'exclusion n'est qu'une demi-surprise puisque l'élève était déjà en sursis d'exclusion. Que les âmes sensibles se rassurent, l'école étant bien bonne, l'élève n'est cependant pas exclu du système puisqu'il sera accueilli dans un autre collège où on espère qu'il repartira sur de nouvelles bases. La mère se désole de cette décision mais assure que son rejeton ira poursuivre sa scolarité en Algérie où à n'en pas douter, les moeurs scolaires sont sûrement plus douces !
Le plus sidérant est bien le commentaire laissé par des auditeurs sur le site de l'émission qui s'apitoient sur le « pauvre » élève victime de la « pauvre école française » aux « programmes stupides et inadaptés » et qui subit un « calvaire ». Quel calvaire en effet que d'uriner sur le portail de son collège... Je pensais que les auditeurs de France Culture étaient moins manichéens dans leurs opinions. S'ils pouvaient au moins une fois assister à un cours avec quelques énergumènes comme celui présenté dans le reportage, cela ébranlerait un peu leurs convictions. Mais s'ils ont des idées pour rendre les programmes moins « stupides et inadaptés », qu'ils n'hésitent pas à faire des suggestions à notre ministère ! En attendant leurs cogitations, il faut bien faire avec ce que l'on a en matière de discipline lorsqu'on doit accueillir tous les élèves d'une classe d'âge sans distinction de comportement et de capacités. Exclure un élève n'est pas une décision prise à la légère, d'autant qu'il faut lui trouver un établissement d'accueil s'il a moins de 16 ans. Et c'est bien souvent déplacer le problème mais lorsque ces élèves perturbent le travail d'une classe ou la tranquillité d'un établissement, c'est bien la seule mesure pouvant être prise.

PS : Il n'y a plus aucun commentaire sur la page de la deuxième partie de l'émission ! Les faits encore plus irrespectueux faits aux professeurs par cet autre élève ont laissé sans voix les auditeurs les plus indulgents...


mardi 15 avril 2014

Professeurs connectés

Il paraît que les média anglo-saxons se gaussent d'un accord conclu en France sur le droit à déconnexion à savoir, de ne plus répondre à ses courriels professionnels passés 18h. Certains d'entre eux ont même interprété ce texte, qu'ils n'avaient manifestement pas lu, comme une interdiction d'envoyer et de recevoir du courrier électronique. La réalité est très loin des faits puisqu'il ne s'agit que d'un accord de branche entre la fédération Syntec (métiers de l'ingéniérie, du numérique, des études et du conseil) et des syndicats de salariés du secteur (CFDT et CFE-CGC). De plus cet accord ne concerne que les cadres au forfait jour. On est donc loin d'une loi valable pour l'ensemble des salariés comme l'exagère la presse anglo-saxonne, prompte à railler une fantasmatique « oisiveté » française au travail, non sans jalousie de sa part !
Dans le secteur éducatif, si nous ne sommes pas encore harcelé au point de demander un droit à la déconnexion, force est de constater ces dernières années une extension des espaces numériques de travail. Saisie des notes et des appréciations, tenue du cahier de texte des classes, gestion des absences, les tâches autrefois dévolues au papier ont migré vers les terminaux numériques. Personnellement, je n'y trouve que des avantages, on ne passe plus de temps à rechercher les cahiers de texte et autres bulletins à remplir en dehors du temps scolaire. Les élèves consultaient fort peu le cahier de texte de leur classe et c'est sûrement encore la cas sous forme numérique mais il est accessible à leurs parents, qui peuvent ainsi suivre le travail fait en classe et vérifier celui demandé à la maison. Cela nous oblige bien sûr à le remplir très régulièrement et très souvent en dehors de l'établissement, en fin de journée et les fins de semaine. Que la presse étrangère (et française!) sache(nt) que les professeurs français ne se déconnectent pas après 18h et le sont souvent le samedi et le dimanche !


samedi 8 mars 2014

Egalité homme femme

Cette journée internationale de la femme est l'occasion de rappeler une évidence. Dans la fonction publique d'Etat, et parmi les professeurs titulaires en particulier, il y a totale égalité de rémunération entre les hommes et les femmes ! A condition bien sûr d'appartenir au même corps de professeur, car à chaque corps de fonctionnaires correspond une grille salariale différente. Quant à l'avancement d'échelon, point de « plafond de verre » pour nos collègues femmes, la progression dans la carrière ne dépendant que des deux notes pédagogique et administrative attribuée respectivement par l'inspection et le chef d'établissement. Et au cours de ma modeste carrière, je n'ai jamais connu de collègue, femme ou homme d'ailleurs, en panne d'avancement. Je signale enfin que j'ai très souvent constaté dans les établissements d'enseignement secondaire où j'ai exercé une répartition voisine de 50% entre professeurs hommes et femmes parmi mes collègues, et ceci quelles que soient les disciplines, littéraires ou scientifiques. Il n'y a que dans quelques établissements d'enseignement technique ou j'ai remarqué une surreprésentation de collègues masculins. Oui, l'égalité homme femme est déjà une réalité dans la fonction publique d'Etat. Le secteur privé peut en prendre de la graine !