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dimanche 18 février 2018

Réforme du lycée : pas de disciplines gagnantes mais pas de perdantes !

La réforme de la voie générale du lycée présentée mercredi dernier par le ministre est finalement proche de ce qui figurait dans le rapport Mathiot. C'est bien un parcours presque à la carte qui est proposé dans le cycle terminal du lycée (première + terminale) entérinant ainsi la disparition des séries telles qu'on les connaissait. Suite (et fin) logique à un premier resserrement au début des années 1990 qui avait vu la disparition des série A, B, C, D et E au profit de ES, L et S pour la série générale. Le tronc commun est réduit au minimum. On savait déjà que les sciences de la nature (sciences physiques et SVT) disparaissent du tronc commun mais c'est une surprise de voir les mathématiques en sortir aussi ! Toutes les sciences sont remplacées dans le tronc commun par un enseignement d' « humanités scientifiques et numériques » de 2h en première et en terminale. Une économie d'heures de mathématiques et donc de postes bien opportune à l'heure où il est difficile de trouver des professeurs de cette discipline. Il faudra quand même informer les élèves qui choisiront l'enseignement de spécialité en sciences économiques et sociales qu'il serait de bon ton pour des études supérieures dans ce domaine de prendre également celui de mathématiques ! Le choix des enseignements de spécialité devra donc se faire en cohérence avec un projet d'étude déjà identifié. Une information sur les enseignements à choisir pour telle ou telle poursuite d'étude devra être donné aux élèves de seconde.
Il ne serait pas étonnant de voir se reconstituer des filières très proches de celle que nous avons connu dans les années 1980 pour les mettre en adéquation avec les filières du supérieur et pour arriver à gérer les emplois du temps des classes. Ce dernier point ne représentant pas une mince affaire.
Côté scientifique, pour la classe de première, l'horaire de mathématiques ne bouge pas (4h). En revanche, ceux de sciences physiques et SVT augmentent d'une heure chacun ! Cela signe-t-il enfin le retour à une série scientifique digne de ce nom ? On attend évidemment le contenu des programmes pour en juger mais cette augmentation d'une heure devra se traduire par un contenu plus riche.
En terminale, l'horaire de spécialité de mathématiques reste également à 6h mais il apparaît un enseignement optionnel de 3h de « mathématiques expertes » qui permet de porter l'horaire de cette discipline à 9h soit celui de l'ancienne terminale C. Il y a encore un an, on n'osait espérer une telle restauration ! En sciences physiques, l'horaire passe à 6h au lieu de 5h actuellement mais l'enseignement de spécialité disparaît et c'est fort dommage. Comme les mathématiques, les SVT sont gagnantes car le volume horaire passe à 6h soit 30 minutes de plus que l'horaire actuel (3,5h) plus celui de spécialité (2h).
Pour les humanités, je n'ai pas cherché les volumes horaires en vigueur, mais le tableau ci-dessous montre des horaires identiques (4h en première et 6h en terminale) à ceux des disciplines scientifiques. Contrairement à ce qu'on a pu entendre de certains commentateurs dans les média, il n'y a aucune matière « sacrifiée » par rapport aux autres. Ces mêmes commentateurs ont déploré aussi une spécialisation plus précoce des élèves. Ce n'est pas le cas puisque la classe de seconde n'est pas modifiée pour la rentrée 2018. En revanche, je reste dubitatif sur l'item « Orientation » qui figure dans la nouvelle grille et l'horaire annoncé de 1h30 par semaine. Que va-t-on pourvoir faire aux élèves (sur les 2 années?) pendant ces séances ? Une préparation au fameux grand oral annoncé pour le bac ? Ce serait le plus logique mais pas en adéquation avec l'intitulé. L'orientation requiert un suivi mais pas à raison d'une heure trente par semaine ! 
http://www.education.gouv.fr/cid126438/baccalaureat-2021-un-tremplin-pour-la-reussite.html
 
 

mercredi 8 novembre 2017

Six mois après

Quel bilan sommaire effectuer dans le domaine éducatif 6 mois et quelques après l'élection présidentielle ? Que les défenseurs d'une école qui instruise sont ravis du départ définitif de l'ancienne ministre et des premières mesures prises par son successeur : fin (ou presque) des EPI au collège, rétablissement des classes européennes, bi-langues et des langues anciennes, fin de l'interdiction du redoublement. C'est un mieux indéniable même si les réductions d'heures de cours de la réforme du collège n'ont pas été annulées. Rappelons pour mémoire que le nombre d'heures de mathématique en classe de troisième avait été amputé d'une demi-heure par rapport à l'ancienne grille. Une nouvelle preuve s'il en est encore besoin que ces réductions d'horaires n'ont d'autre but que de faire des économies ou de masquer la pénurie de professeurs dans certaines matières.
On ne peut que se réjouir également de la fin du tirage au sort pour l'entrée dans certaines filières universitaires. Nous en étions arrivés à la situation stupéfiante de voir des bacheliers aux notes médiocres souffler la place à d'autres munis de mention très bien ! La fin de cette injustice s'accompagne également de la refonte du logiciel d'affectation dans le supérieur suite à son naufrage au printemps dernier. Les quelques 60 000 lycéens sans affectation en juillet et les élèves actuellement en terminale ne descendront certainement pas dans la rue pour le défendre ! Le plan étudiants présenté par le ministère ne donne pas vraiment dans la sélection à l'entrée à l'Université. Il n'est question que d'attendus pour réussir dans chaque filière et « la prise en compte du profil de chaque lycéen ». Mais en cas de dépassement des capacités d'accueil ? Ces capacités seront-elles augmentées suffisamment comme l'indique le plan ? Il faut donner aux universités les moyens juridiques de sélectionner des bacheliers qui se présenteraient en surnombre dans les filières très demandées. Les notes obtenues au bac paraissent le critère le plus équitable. On souhaite bon courage aux collègues de terminale qui devront examiner en conseil de classe les projets post-bac de leur élèves. Voilà qui risque allonger sérieusement leur durée s'il faut examiner les 10 vœux que chaque élève pourra formuler ! La présence d'un deuxième professeur principal en terminale comme annoncé dans le plan ne devrait pas accélérer les choses. Au passage, on peut se poser la question de la rémunération de ces deux professeurs. Recevront-ils l'indemnité de professeur principal entière ou devront-ils la partager ?
Le bilan est hélas négatif côté financier pour la profession. Le gel du point d'indice pour l'année 2018 n'est pas une surprise, on ne s'attendait pas à la prolongation de son dégel très provisoire l'an dernier. La mesure avait un but clairement électoraliste de la part du précédent gouvernement. Il est à parier que ce gel se prolongera pendant toute la durée du quinquennat. Même le protocole PPRC a été revu à la baisse puisque les maigres mesures de revalorisation échelonnées jusqu'en 2020 sont provisoirement gelées. La hausse de la CSG aura elle bien lieu en janvier 2018 et sa compensation n'est certifiée que par une déclaration orale du ministre des (mé)comptes publics. Le rétablissement du jour de carence constitue une mesure vexatoire supplémentaire pour toute la fonction publique. Pas de quoi résoudre durablement les difficultés de recrutement dans notre profession !

samedi 20 juin 2015

Ne passes plus ton bac d'abord !

Cette année en ce mois de juin, je m'étais promis que ce site ne parlerait pas du baccalauréat pour ne pas en surajouter comme le font les média à cette époque de l'année. Cependant, les propositions récentes de François Fillon sur son blog à ce sujet me font revenir sur ma résolution. Elles méritent d'être examinées car son auteur occupera probablement un rôle de premier plan en cas de changement de majorité en 2017. Que propose en substance l'ancien premier ministre pour réformer le bac ? Il souhaite réduire le nombre d'épreuves à quatre. Epreuves qui se dérouleraient début juillet pour une fin de session le 14 du même mois. Les autres disciplines seraient évaluées en contrôle continu. En dehors de l'économie d'une réduction du nombre d'épreuves et la « reconquête » du mois de juin (pour faire quoi d'ailleurs si les programmes sont traités?), il n'y a rien qui puisse relever le niveau de l'examen et lui redonner le grade universitaire qu'il a perdu depuis longtemps. Quant à l'extension du contrôle continu, il pose de façon accrue le problème des pressions exercées par les chefs d'établissement pour que les notes attribuées soient les plus élevées possible et « faire du chiffre ». Cela se voit déjà par exemple pour les travaux personnels encadrés en première dans nombre de lycées où nos proviseurs nous enjoignent à ne pas noter en dessous de la moyenne académique. Des consignes de « bienveillance » ont toujours accompagné les corrections du bac, mais ces « pressions » ne s'exercent qu'une fois par an. Là, c'est tout au long de l'année qu'il faudra vivre dans la suspicion de noter trop bas. Et que dire de la surenchère entre collègues du « mieux notant » !
J'avais proposé l'an dernier une mesure choc mais qui ne ferait pas descendre dans la rue des milliers de lycéens et leurs parents, les seuls à faire reculer n'importe quel gouvernement voulant réformer l'examen : dissocier baccalauréat et accès à l'enseignement supérieur. Cette mesure ne ferait que confirmer ce qui existe déjà dans les faits. Le bac n'est plus que sur le papier le premier grade universitaire et l'accès à l'enseignement supérieur se prépare désormais avec le site admission-postbac.com, bien avant l'examen. Le bac deviendrait alors un certificat de fin d'études secondaires mesurant la capacité à suivre dans le supérieur. On ne délivrerai pas de titre mais un relevé de notes dans toutes les matières de la série pour éviter la surenchère au nombre de diplômés. Des partiels pourraient avoir lieu dès la fin du premier semestre, comme à l'Université, juste avant la saisie des voeux sur admission-postbac. Cela permettrait aux élèves d'avoir un avis sur l'adéquation entre leurs résultats et l'orientation souhaitée. Pas besoin d'organisation lourde et coûteuse comme celle du bac pour ces partiels, des sujets nationaux parvenant dans chaque lycée par messagerie électronique aux proviseurs permettrait une équité de traitement entre tous les candidats. Une deuxième session en juin offrirait une opportunité d'amélioration des résultats. Tous cela ne conditionnant pas l'entrée à l'université. Cette organisation permettrai enfin d'assurer une vraie préparation à l'enseignement supérieur et d'en finir avec la baisse continue des exigences sans léser personne.

dimanche 14 septembre 2014

La série S, préférée des lycéens ?

D'après la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (un intitulé digne d'une entreprise commerciale!) du ministère de l'éducation nationale, 36% des élèves de seconde générale et technologique passent en première S, faisant de cette série la plus demandée de l'enseignement général. Un pourcentage important certes mais pas écrasant. La réforme du lycée du début des années 1990 avait voulu « casser » la « suprématie » supposée de la série C en créant la série S, version très allégée en sciences de son prédécesseur, afin de « revaloriser » les autres filières. Vingt ans plus tard, non seulement le but n'est pas atteint, mais en mettant à quasi égalité d'horaire et de coefficients(*) à l'examen matières scientifiques et « littéraires », cette série S est devenue la plus générale de l'enseignement général et donc fatalement la plus demandée par des élèves soucieux de garder toutes les portes ouvertes pour la suite de leurs études. Parmi eux, hélas, des opportunistes de plus en plus nombreux, pas spécialement intéressés par les sciences. Les deux autres séries, littéraire (L) et économique et sociale (ES), ont perdu au change en « prestige » car elles n'accueillent plus que des élèves vraiment allergiques aux sciences et dont le contenu des enseignements, lui aussi amoindri, ferme des portes par rapport aux anciens bac A et B. Il y a une trentaine d'années, mon médecin traitant de l'époque avait passé un bac A (littéraire). Inhabituel mais possible. Je n'ose pas prétendre que ce serait impossible aujourd'hui, car un bachelier L ou ES très motivé pourrait rattraper les cours de sciences physiques et sciences et vie et de la Terre de la série S pendant un stage intensif de trois mois tant le volume horaire de ces deux disciplines a diminué lors de la dernière réforme du lycée général. Qu'on ne se laisse pas abuser par la suppression, annulée depuis cette année, des cours d'histoire et géographie en terminale S. Elles n'avaient pas pour but de rendre la série plus scientifique mais bien de faire encore des économies sur le dos des élèves. Le rétablissement d'une vraie série scientifique ne passe que par le rétablissement des horaires des disciplines scientifiques au niveau qui étaient le leur il y a 25 ans. Trop cher ? Le surcoût serait largement compensée par la baisse du trop-plein d'élèves opportunistes pas passionnés par les sciences et qui emploieraient beaucoup mieux leurs talents dans les autres séries au lieu de peiner sur les lois de Newton ou le calcul intégral. Et cela ne ferait pas baisser le nombre de « scientifiques » formés puisque de toutes façons ces élèves opportunistes ne feront pas d'études supérieures scientifiques. D'ailleurs, a-t-on besoin de beaucoup de scientifiques dans un pays qui se désindustrialise à toute vitesse, en dépit de la création d'un ministère du « redressement productif » ?


(*) coefficient 21 pour les disciplines scientifiques et 19 pour le reste en y incluant les TPE (travaux personnels encadrés) réalisés en première et sans les options. 

vendredi 27 juin 2014

Bac français et mathématiques : trop dur !!!

Après le tour de l'épreuve de français du bac, jugée trop dure (en des termes peu châtiés ! Pauvre Victor Hugo* !) par une poignée de lycéens sur les réseaux dit sociaux, voici la protestation contre l'épreuve de mathématiques du bac S. Ce n'est évidemment pas la première fois que les candidats au bac (et leurs parents!) font part de leur sentiment de « difficulté » devant certaines épreuves du bac. Mais internet offre désormais une caisse de résonance à ces protestations, très (trop) souvent relayés par les média au moment où l'actualité va se mettre elle aussi en vacances. Pourtant, comme le rappelle fort justement le ministère, les épreuves des examens sont élaborées dans le carde strict des programmes scolaires par des professeurs qui les connaissent très bien. Pour chaque question d'un sujet, il est obligatoire de faire figurer les notions et compétences exigibles inscrites dans les programmes de chaque discipline. La rédaction des sujets est suivie par une phase de vérification et de sélection sous la supervision des inspecteurs de la discipline, voire des inspecteurs généraux. Un sujet « infaisable » ou hors programme passerait difficilement cette étape !
Ces candidats dégoûtés par la « difficulté » de ces épreuves ne sont pas au bout de leur peine et de leur colère. Le bac général n'ayant presque aucune « valeur » sur le marché du travail, ces brillants candidats s'engagent donc à poursuivre leurs études au moins deux années après son obtention. Deux années pendant lesquelles ils risquent fort de trouver bon nombre de sujets encore plus « durs » !

(*) C'est là qu'on mesure la grandeur d'un auteur : ses écrits font encore réagir, en bien ou en mal, près de 130 ans après sa mort...


PS : Après le bac voici que c'est au tour du brevet des collèges d'en prendre plein son grade par de pauvres candidats à qui ont a encore demandé l'infaisable ! 

mardi 17 juin 2014

A la fin, il n'en restait plus que 2...

Une salle d'examen d'un lycée du centre d'une ville moyenne de France. Des élèves tout ce qu'il y a de plus « normal ». Vingt six candidats de terminale L et ES doivent plancher sur le sujet d'histoire géographie de la session de juin 2014. Au bout d'une heure, un candidat est déjà parti. Une heure après, milieu de l'épreuve, c'est le tiers de la classe qui a déjà décampé. Une heure avant la fin, la moitié a plié bagage. Dans la dernière minute de l'épreuve, il ne restait plus que 2 candidates qui relisaient consciencieusement leur copie... Soit c'était trop facile (le sujet de géographie consistait à remplir une carte muette du Brésil, un pays très éloigné de l'actualité en plus!), soit les candidats étaient particulièrement brillants. Ou les deux, conjonction rare ! Si cela continue pour les épreuves suivantes, nous aurons un cru exceptionnel du bac...

jeudi 12 juin 2014

Un livret scolaire de poids

Chaque année scolaire, à la même époque, les professeurs ont a remplir un livret pour chaque candidat se présentant au bac. Ce (long) travail d'écriture a lieu deux fois pour un même livret, voire trois si l'élève double une classe, car les résultats de première et de terminale y sont portés, pour chaque discipline. Les livrets sont rangés par classes dans des cartons pesants que les secrétaires doivent souvent déplacer avec de petits chariots. J'ai eu la curiosité de peser l'un de ces livrets hier : 109 grammes et quelques. Comme il y a plus de 600 000 candidats au bac (tous bac confondus pour l'année 2013), cela fait au moins 60 tonnes de papier imprimé et relié. A l'heure où tous les établissements ont informatisé la saisie des notes et appréciations pendant l'année, l'existence de ce livret apparaît comme une antiquité doublée d'une gabegie de papier et d'imprimerie. Sans parler de sa manutention inutile dans l'établissement, voire d'un établissement à l'autre... A quand sa disparition ? Une réforme enfin utile !  

mercredi 4 juin 2014

Pour en finir avec le bac actuel...

A moins d'habiter sur la planète Mars (et encore!), il est difficile d'échapper au matraquage médiatique sur le baccalauréat qu'on nous assène dans les média depuis plusieurs semaines. On nous le sert quasiment à tous les repas et à toutes le sauces ad nauseam. Après l'épreuve de surf à Biarritz et celle de langue tahitienne en vidéoconférence pour un candidat polynésien en résidence en métropole, voici hier soir au journal de France 2, un reportage de 5 bonnes minutes sur le rôle des parents pendant les révisions ! Ces derniers sont-ils au moins au courant que leurs rejetons ont peu de chance de rater l'examen ? Inutile de s'angoisser, il n'y aura que ceux qui n'auront vraiment rien fait toute l'année pour échouer et encore, un miracle de dernière minute n'est pas exclu pour eux, comme on peut le constater tous les ans. Le plus important est déjà fait, à savoir les voeux d'affectation fait sur le site « admission postbac » . Les filières du supérieur avec sélection à l'entrée font leur choix sur les résultats de la plus grande partie de l'année de terminale, sans que les résultats du bac soient connus. L'obtention de ce dernier n'y changera pas grand chose. Quel est alors son utilité ? On ne voit plus que la satisfaction des parents de voir leurs rejetons obtenir l'examen qu'ils ont eux même passé ou qu'ils n'ont pas passé.
Une proposition : que le bac devienne un examen de fin d'études secondaires et ne soit plus le premier grade universitaire vu qu'il ne garantit plus le niveau requis à l'entrée de l'Université. Alors qu'il faudrait que le baccalauréat amène les lycéens au niveau des exigences de l'enseignement supérieur, c'est ce dernier qui a du adapter les siennes, à la baisse, au niveau des lycéens. En enlevant au bac le caractère de premier grade universitaire qu'il n'a plus depuis longtemps dans les faits, on déconnecterait réussite à l'examen et entrée dans le supérieur. Titulaire du bac ou pas, chaque élève pourra continuer à candidater à la filière de son choix et avoir une place à l'Université si les filières avec sélection n'ont pas retenu son dossier. Rien de changé donc dans la procédure actuelle mais on pourra enfin proposer des épreuves au vrai niveau des exigences de l'enseignement supérieur sans que cela fasse barrage à son accession en cas d'échec. Les recalés auraient ainsi l'occasion d'y faire leurs preuves et mettre à profit les vacances d'été pour combler leurs lacunes ! 

mardi 27 mai 2014

Bug des « digital natives »

Concept bien creux que celui des « digital natives », à savoir ces générations mises en contact très tôt avec les écrans d'ordinateurs et de téléphone mobile qualifiés d' « intelligents ». D'après ses promoteurs, ces jeunes seraient doués de capacités inconnues des générations précédentes, par l'usage des ces outils et de leurs contenus. Je crains que la fascination devant des potaches en train de taper à toute vitesse leurs messages (ou plutôt leurs bavardages creux) sur leurs téléphones ne les ai aveuglés sur les capacités réelles en matière de maîtrise des outils par ces générations ! L'usage d'un outil, aussi aisé qu'il puisse apparaître, ne certifie certainement pas sa maîtrise. J'en ai eu encore la preuve récemment lors d'une épreuve de bac au cours de laquelle les candidats devaient utiliser un logiciel dont ils se sont servis maintes fois au cours de l'année. Les trois quart des candidats examinés ont fait preuve d'une connaissance très superficielle du dit logiciel, voire sont restés pantois devant l'écran ! Je veux bien mettre cette perte de moyens sur le compte du stress de l'examen mais moi qui ne l'utilise qu'une fois par an lors de cette épreuve, j'en ai retrouvé l'usage basique en m'exerçant une seule fois la veille. Les pseudo « digital natives » ne sont pas près de surpasser sans apprentissage les générations précédentes qui ont du se frotter (durement) à l'informatique balbutiante et ses nombreux « plantages » et autres « bug » ! 

dimanche 11 mai 2014

L'art du repêchage au bac

Un article de Rue89/Le Nouvel observateur à propos des notes au bac, rédigé par un professeur, qui expose très clairement tout l'art du « repêchage » des candidats.
Je ne suis plus circonspect sur sa suggestion de fixer un seuil identique de repêchage pour tous les jurys car il deviendrait forcément public et on imagine le déluge de recours des candidats tout juste en dessous de la barre fatidique ! Même réserve à propos des jurys qui ne récompenseraient que les élèves « scolaires, dociles et laborieux » au détriment d'élèves qui manifesteraient d'autres qualités, « sociabilité, créativité, partage, solidarité... ». Mais qui empêche les élèves qui possèdent ces qualités de les manifester dans leurs copies ? Elles seront appréciées à leur juste valeur ! Une bonne note ne récompense pas uniquement une bonne réponse à des questions mais elle prend en compte les idées et arguments qui y sont développés. Il y a suffisamment d'épreuves au bac, obligatoires et optionnelles, pour exprimer tous les talents, à l'écrit comme à l'oral.