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lundi 16 décembre 2019

Journée de la dernière chance

Si la mobilisation demain contre cette réforme des retraites est aussi faible que jeudi dernier, ce sera gagné hélas pour le gouvernement ! La mobilisation a été divisée par 2 entre le jeudi 5 décembre et le mardi 10, puis à nouveau par 2 le jeudi 12. Les policiers n'ont pas eu la même peine pour obtenir satisfaction et on s'en réjoui pour eux ! Pour nous hélas, les moyens de pression sont beaucoup plus faibles et cette période de l'année ne comporte pas d'examens qui pourraient être bloqués. Le contrôle continu qui doit avoir lieu en première n'a lieu qu'en janvier (et dans de très mauvaises conditions(*) en plus!). Une action est encore possible à ce moment si le gouvernement persiste. Quant aux déclarations de notre ministre sur une éventuelle compensation de la chute de nos futures pensions de retraites, elles excluent toute revalorisation salariale. On arrive tout juste à comprendre dans ce salmigondis médiatique qu'il faudra travailler davantage pour la mériter ! Sur ce plan, il fait bien l'unanimité contre lui ! Quel contraste par rapport à l'époque de sa nomination... On note avec satisfaction la démission ce jour du ministre Delevoye, à la fois juge et partie prenante de la réforme. A la longue liste des fonctions, grassement rémunérées ou non qui étaient les siennes, on se demande comment il trouvait le temps de les assumer toutes ! On comprend dès lors que nous parassions aux yeux de ces gens pour des « paresseux » dont il faut absolument augmenter le temps de travail ! Il n'en est évidemment pas question ! 
 
(*) Deux élèves par table, sujet unique et un seul surveillant par salle !

mercredi 4 décembre 2019

Une grève suivie et avec suite ?

Notre ministre nous adresse une lettre à l'avant veille d'une grève qui s'annonce très suivie, d'après ce que j'ai pu constater dans mon établissement et ailleurs. Son objet est de nous présenter enfin les points de la réforme qui tardaient à être divulgués.
Si son intention était de nous dissuader d'arrêter le travail demain, ses propos vont dans le sens inverse et donne des raisons pour amplifier le mouvement de mécontentement !
Ainsi, il nous promet que la valeur du point ne pourra pas baisser. Une promesse qui ne coûte rien car le simple jeu de l'inflation (près de 2% par an ces dernières années) suffit à le faire baisser mécaniquement. Ensuite, il garantit un minimum de pension de 1000 euros par mois pour toute carrière complète ! C'est peut-être viable dans un pays en voie de développement mais pas en France. Je me demande quel poste de la fonction publique peut mériter une telle pension de retraite après une vie professionnelle complète...
Les primes des fonctionnaires seront intégrés dans le calcul de la pension. Les professeurs ne sont quasiment pas concernés car il n'y a pas de primes dans l'enseignement mais des indemnités qui ne forment qu'une faible part de la rémunération. Enfin, une revalorisation salariale est envisagée pour les professeurs afin de leur octroyer le même niveau de pension que les corps équivalents de la fonction publique. C'est bien de reconnaître enfin que nous étions les grands perdants de cette « réforme », mais le président de la République a déclaré il y a quelques semaines que la charge budgétaire pour cette augmentation représentait 10 milliards d'euros, donc insupportable à son avis pour les finances publiques. Nous avons donc bien compris qu'il nous faudrait travailler plus pour mériter cette augmentation de nos traitements ! Il n'en est évidemment pas question, vu la charge actuelle que représente la réforme du lycée et les effectifs dans nos classes difficilement compatible avec la prise en charge de l'hétérogénéité des élèves.
Sans compter les taches annexes de plus en plus envahissantes qui parasitent notre cœur de métier. Cette fois, la résignation affichée par les collègues ces dernières années devant les réformes qui mettent à mal nos conditions de travail et nos statuts a fait place à l'exaspération. Comme pour le bac en juin dernier, enfin une grève des professeurs qui ne passera pas inaperçue ! Il y a fort à parier qu'un jour de grève ne suffira pas pour faire reculer le gouvernement sur ce projet. Personnellement, je suis prêt à prolonger la grève plusieurs jours comme en juin dernier mais peu de collègues le peuvent, dans un profession chaque année toujours plus contrainte financièrement. Seuls les agents du rail et de la route peuvent se le permettre et faire plier le gouvernement comme en 1995. La lutte s'annonce rude !

mercredi 8 novembre 2017

Six mois après

Quel bilan sommaire effectuer dans le domaine éducatif 6 mois et quelques après l'élection présidentielle ? Que les défenseurs d'une école qui instruise sont ravis du départ définitif de l'ancienne ministre et des premières mesures prises par son successeur : fin (ou presque) des EPI au collège, rétablissement des classes européennes, bi-langues et des langues anciennes, fin de l'interdiction du redoublement. C'est un mieux indéniable même si les réductions d'heures de cours de la réforme du collège n'ont pas été annulées. Rappelons pour mémoire que le nombre d'heures de mathématique en classe de troisième avait été amputé d'une demi-heure par rapport à l'ancienne grille. Une nouvelle preuve s'il en est encore besoin que ces réductions d'horaires n'ont d'autre but que de faire des économies ou de masquer la pénurie de professeurs dans certaines matières.
On ne peut que se réjouir également de la fin du tirage au sort pour l'entrée dans certaines filières universitaires. Nous en étions arrivés à la situation stupéfiante de voir des bacheliers aux notes médiocres souffler la place à d'autres munis de mention très bien ! La fin de cette injustice s'accompagne également de la refonte du logiciel d'affectation dans le supérieur suite à son naufrage au printemps dernier. Les quelques 60 000 lycéens sans affectation en juillet et les élèves actuellement en terminale ne descendront certainement pas dans la rue pour le défendre ! Le plan étudiants présenté par le ministère ne donne pas vraiment dans la sélection à l'entrée à l'Université. Il n'est question que d'attendus pour réussir dans chaque filière et « la prise en compte du profil de chaque lycéen ». Mais en cas de dépassement des capacités d'accueil ? Ces capacités seront-elles augmentées suffisamment comme l'indique le plan ? Il faut donner aux universités les moyens juridiques de sélectionner des bacheliers qui se présenteraient en surnombre dans les filières très demandées. Les notes obtenues au bac paraissent le critère le plus équitable. On souhaite bon courage aux collègues de terminale qui devront examiner en conseil de classe les projets post-bac de leur élèves. Voilà qui risque allonger sérieusement leur durée s'il faut examiner les 10 vœux que chaque élève pourra formuler ! La présence d'un deuxième professeur principal en terminale comme annoncé dans le plan ne devrait pas accélérer les choses. Au passage, on peut se poser la question de la rémunération de ces deux professeurs. Recevront-ils l'indemnité de professeur principal entière ou devront-ils la partager ?
Le bilan est hélas négatif côté financier pour la profession. Le gel du point d'indice pour l'année 2018 n'est pas une surprise, on ne s'attendait pas à la prolongation de son dégel très provisoire l'an dernier. La mesure avait un but clairement électoraliste de la part du précédent gouvernement. Il est à parier que ce gel se prolongera pendant toute la durée du quinquennat. Même le protocole PPRC a été revu à la baisse puisque les maigres mesures de revalorisation échelonnées jusqu'en 2020 sont provisoirement gelées. La hausse de la CSG aura elle bien lieu en janvier 2018 et sa compensation n'est certifiée que par une déclaration orale du ministre des (mé)comptes publics. Le rétablissement du jour de carence constitue une mesure vexatoire supplémentaire pour toute la fonction publique. Pas de quoi résoudre durablement les difficultés de recrutement dans notre profession !

jeudi 11 août 2016

Augmentation du point d'indice : une perte effective malgré la hausse !

Si la majorité des professeurs fonctionnaires constatent la même chose que moi sur le montant de leur traitement du mois de juillet, le gouvernement aura totalement raté sa mesure de dégel (provisoire) du point d'indice ! Et voir fondre les bénéfices électoraux qu'il pensait en tirer. En regardant le montant de ma fiche de paie de juillet 2015, mois ou l'on ne reçoit généralement que son traitement de base, j'ai constaté une baisse de 21 euros sur ce qui m'a été versé en juillet 2016 ! Par quel prodige une mesure d'augmentation salariale se traduit-elle par une baisse ?
Deux raisons : l'augmentation de la cotisation pour pension comme tous les ans jusqu'en 2020(*) et une augmentation de la cotisation à la mutuelle, celle à laquelle cotise une majorité de collègues. Sur ce dernier point, le gouvernement n'y est évidemment pour rien, il suffirait de changer de couverture santé pour payer moins. Mais il se trouve que ma cotisation mutualiste n'est augmentée que de 19 euros. Il y a donc une baisse effective de 2 euros de salaire que ne compense même pas l'augmentation du point d'indice. Il en sera de même évidemment lors de la deuxième « vague » d'augmentation en janvier prochain. Le gouvernement pensait nous caresser dans le sens du poil. Hélas, le gant s'est révélé rugueux !

(*) 15 euros par mois pour les derniers échelons de la grille de rémunération des agrégés et ce pendant 9 années (2012-2020) ce qui représente 15x9 = 135 euros. C'est presque l'équivalent d'un échelon qui va disparaître de nos rémunérations ! La fonction publique d'Etat coûte de moins en moins cher...

samedi 11 juin 2016

Revalorisation de carrière par les vases communicants

Après le « dégel » (provisoire?) du point d'indice de la fonction publique décidé il y a quelques mois, on pensait que le gouvernement avait ouvert exceptionnellement sa hotte de père Noël à une année des élections générales. Voici qu'il la ré-ouvre une seconde fois pour dévoiler des nouvelles grilles de carrière avec augmentation des indices de chaque échelon. Légère hausse plus qu'augmentation car elle se résume à 9 points d'indice ce qui représente environ 500 euros bruts annuels. Pas de quoi effacer le gel du point entre 2010 et 2016 et l'augmentation de la retenue pour pension qui court encore jusqu'en 2020.
En regardant de plus près les mesures annoncées sur le site du ministère, on s'aperçoit que les généreux 9 points d'augmentation proviennent du transfert en deux temps de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves (ISOE) vers le traitement brut ! Un pur jeu comptable donc, ou la version financière des vases communicants. Il fallait y penser. Les gestionnaires du ministère à l'origine de ce tour de passe passe méritent leur primes rondelettes... Cette mesure ne coûtera donc rien à l'Etat, alors que les média ont fait part bruyamment d'un coût de 1 milliard pour les finances publiques.
La modification de l'avancement de carrière ne devrait pas non plus coûter grand chose. S'il n'y a plus qu'un seul rythme d'avancement pour tous, il correspond au niveau médian de l'ancienne grille (le « choix »), auquel la majorité des professeurs avançaient dans la carrière (les premiers 5/7 du tableau d'avancement d'échelon) . Il fallait 26 ans et quelques pour parcourir les 11 échelons de la classe normale, il en faut toujours 26 pour parcourir la nouvelle grille. Elle permettra juste de ne pas léser les collègues trop peu souvent inspectés dont la note était insuffisante pour leur éviter un passage à l'ancienneté.
La hors classe devient en théorie accessible à tous dès le 9ème échelon (au lieu du 7ème auparavant, même si dans la pratique, un accès à ce niveau est assez rare) et il restera à vérifier qu'elle le sera bien. Une classe exceptionnelle vient coiffer la hors classe mais elle ne sera accessible qu'à ceux ayant exercé en éducation prioritaire ou assuré des missions particulières. Pour ces dernières, la promotion à cette surclasse est donc liée à des activités sans rapport direct avec l'enseignement dispensé devant élèves. Inutile de faire du zèle en classe pour y accéder ! Comme aujourd'hui, il y a peu de chance que cela soit récompensé. Ceux qui exercent des fonctions de conseiller pédagogique ou de formateur et bien vus de leur direction devraient sans difficulté accéder à ce nirvana de l'échelle de rémunération.
Dans le dossier de présentation de ces mesures sur le site du ministère, on lit que le gain de traitement d'un professeur certifié sur l'ensemble de sa carrière (classe normale puis hors classe) représentera 23 000 euros. Si l'on étale ce gain sur 30 ans (26 ans de classe normale et 4 ans de hors classe), cela ne représente que 766 euros de plus par an et moins bien sûr si l'on calcule sur 40 années, durée plus probable d'une carrière complète pour une retraite sans décote... Pas vraiment de quoi sauter au plafond et susciter des vocations ! A moins que les candidats à l'enseignement jettent un œil sur ce qui est promis aux professeurs agrégés. Le site du ministère fait miroiter l'échelle lettre B soit une rémunération brute comprise entre 54 600 et 60 000 euros par an ! Mais il faut lire plus haut que ces émoluments ne seront perçus que par les heureux élus à la classe exceptionnelle. Pour le commun des mortels, la carrière se terminera à la hors classe dont il faudra surveiller qu'elle devienne vraiment accessible à tous lors de la mise en œuvre de ces mesures. Encore une fois, attirer des candidats de valeur aurai dû passer par une revalorisation substantielle du début de carrière. Celle proposée est nettement insuffisante. Des étudiants brillants n'attendront pas 26 ans de carrière avant d'avoir une rémunération à la hauteur (ou presque) de celles du secteur privé, ou de la haute fonction publique d'Etat.
La conséquence du rythme unique d'avancement est la disparition des inspections telles que nous les connaissons. Pour ma part, je suis ravi de cette disparition tant ces inspections étaient devenues caricaturales ces dernières années. Les « conseils » pédagogiques données par les inspecteurs se résumaient à un discours formaté et lénifiant de promotion de pédagogie de projet et autres « compétences ». Le contenu du cours dispensé était à peine évoqué pendant l'entretien suivant l'inspection. Il se substitue à ce système quatre « rendez-vous de carrière » dont il n'est pas fait mention de la forme qu'ils prendront et par qui ils seront conduits. On a du mal à voir l'enjeu que représentent ces entretiens hormis la possibilité de deux « accélérations » de carrière réduisant de 26 à 24 ans le parcours dans l'échelle de rémunération. Quelle accélération en effet !
Ces mesures sont elles menacées par un changement de majorité l'an prochain ? On peut en douter, vu qu'elles ne représentent qu'un engagement financier assez modeste par le tour de passe-passe opéré. Le calendrier pourrait être éventuellement retardé par la majorité suivante qui, bien sûr, trouvera les finances publiques dans un état déplorable!
 


mercredi 23 mars 2016

Le dégel

Après 6 années de gel du point d'indice de la fonction publique et quelques pourcent de plus de retenue pour la retraite tous les ans, voici que le gouvernement décide de « dégeler », provisoirement, ce point d'indice. On nous serine pourtant depuis de nombreuses années que « les caisses sont vides » mais voici qu'on vient brusquement d'y découvrir quelques centaines de millions d'euros à 12 mois et quelques de l'élection présidentielle ! La première leçon de cette annonce est qu'il sera difficile par la suite qu'un gouvernement prétende ne disposer d'aucune marge de manœuvre en matière d'augmentation salariale des agents de l'Etat. La deuxième leçon à tirer est celle de l'incompétence budgétaire. Pour financer cette largesse à l'égard de ces agents (1,2% d'augmentation en deux fois!), le gouvernement va « redéployer des moyens ». Mais si ces « moyens » peuvent être redéployés, c'est qu'ils ne sont pas indispensables. Dans ce cas pourquoi cela n'a pas été fait plus tôt ? Dernière leçon, celle de la piètre gestion des personnels : le gouvernement aurait été plus avisé de cibler cette augmentation vers les personnels en début de carrière au premier rang desquels les professeurs néo-titulaires. Une suppression des deux ou trois premiers échelons ferait plus pour attirer des candidats de valeur au concours que de coûteuses campagnes publicitaires pour la plupart ridicules !
Il n'y aura évidemment rien à attendre d'un changement de majorité sur ce point et c'est presque une évidence de prévoir un nouvel gel du point d'indice l'an prochain. La seule chose qui risque augmenter sera notre temps de travail en établissement car N. Sarkozy a déclaré récemment au journal le Monde qu'il voulait que les professeurs travaillent 25% de plus. Sans préciser si ces heures supplémentaires seraient rémunérées. La raison invoquée par l'ancien président ? Aider les élèves en difficulté. Il devrait se renseigner pour se rendre compte qu'il n'y en a plus dans les lycées français ! En effet, sa réforme de 2009 a porté ses fruits comme l'on sait et la réussite est assurée pour tous ! Avec plus de 80% de réussite au bac et 50% de mentions, difficile d'affirmer qu'il y a encore des élèves en difficulté ! Quelle raison alors y aurait-il a nous faire travailler davantage ? On apprend qu'il souhaite supprimer sur 5 ans 300 000 postes de fonctionnaires. Mais il ne compte pas diminuer les effectifs des armées et de la police. Il ne reste donc que ceux des 800 000 professeurs, le plus gros effectif de la fonction publique d'Etat. En diminuant leur nombre, il faudra bien faire travailler davantage ceux qui resteront. Si c'est là toute l'ambition pour l'Ecole du « chef » du principal parti d'opposition qui reviendra sans doute aux affaires l'an prochain c'est proprement confondant de misère intellectuelle. Nous étions tombés bien bas avec notre actuel ministre au sourire et au dogme inoxydables, on peut en craindre autant avec son successeur...

mardi 1 septembre 2015

43 ans de service...

De toute l'avalanche de chiffres déversée ces derniers jours dans les média, voici le seul nombre que j'ai retenu lors de cette rentrée 2015 : notre chef d'établissement en est à sa 43ème et dernière année de service dans notre chère administration !
Cette durée m'a laissé songeur presque toute la journée d'hier car il paraît difficile aujourd'hui, même pour ma génération, de parvenir à une telle longévité professionnelle ! Il me faudrait enseigner jusqu'à 70 ans révolus pour que je parvienne à égaler cette performance. Est-il besoin de préciser que je n'y parviendrai pas, en raison de l'existence d'un âge limite dans la fonction publique (67 ans à l'heure actuelle) mais surtout pour préserver ce qu'il me reste de santé physique et mentale ? Si je ne me trompe par sur l'âge du capitaine, il a du entrer dans la Maison à 20 ans et quelques... Bravo ! Pour ma part à cet âge, j'étais encore loin de pouvoir me présenter à l'agrégation et je n'ai effectué entre-temps aucun travail salarié susceptible de cotisation retraite. La perspective d'une longue carrière professionnelle pour bénéficier d'une retraite pas trop ridicule n'incitera pas des étudiants à s'engager dans ce métier aux émoluments très modestes en comparaison due que qu'ils peuvent espérer dans le secteur privé.
Une confirmation, s'il en était encore besoin, du fait que rien n'a changé dans les ESPE (écoles supérieures du professorat et de l'éducation), successeurs des défunts IUFM. Une stagiaire de ces structures sensées remédier aux tares des anciens UFM racontait ce matin sur France culture combien les cours qui y étaient dispensés ne lui était d'aucune utilité dans le métier. Est-il encore raisonnable de dépenser autant d'argent public pour des résultats aussi minables ?


dimanche 21 juin 2015

Revalorisation avant élections?

74 euros. C'est la somme (brute) que propose le gouvernement pour « revaloriser » les traitements mensuels des fonctionnaires de catégorie A en début de carrière. La mesure serait effective dès 2017 d'après le document publié par le ministère de la fonction publique. N'y aurait-il pas des élections en approche à cette date ? C'est toujours mieux que rien mais cela reste très insuffisant pour susciter des vocations pour le métier de la part des étudiants ! Il fallait plutôt proposer les 134 euros attribués en fin de carrière dans le même document. Ce serait un minimum pour revaloriser une début de carrière. Rappelons qu'un certifié débutant commence à 1,2 smic environ, en baisse continue depuis le gel du point d'indice de la fonction publique depuis 5 ans. Et si cela pose un problème budgétaire pour le reste de la grille de rémunération, pourquoi ne pas faire disparaître les 3 premiers échelons ? L'effort doit porter en priorité sur le début de carrière là où les premières années de la vie professionnelle est la plus coûteuse, en matière de logement par exemple. A titre personnel, je n'ai que faire de 134 euros en plus mensuellement et je suis prêt à les échanger avec plaisir pour une diminution du nombre d'élèves par classe, notamment en seconde. Passer de 35 élèves à 30, cela changerai notablement nos conditions de travail devant ces classes de plus en plus hétérogènes. Je suis sûr que cela ne coûterait pas plus cher à l'Etat que ce petit supplément de salaire...

jeudi 1 janvier 2015

Des étrennes pour Ecomouv, pas pour les profs !

La société Ecomouv va recevoir de l'Etat, c'est à dire de nous, la somme rondelette de 800 millions d'euros en dédommagement de l'abandon de l'écotaxe par le gouvernement l'an dernier. De belles étrennes pour commencer l'année mais on peut douter que les anciens salariés de la société « remerciés » en profitent. Tout cela ira sans doute dans d'autres poches mais pas dans celles des serviteurs de l'Etat dont le point d'indice de rémunération est bloqué depuis 4 ans (et 5 avec le nouveau millésime). L'indemnité versée à Ecomouv représente rien de moins que 1000 euros de prime pour chacun des 800 000 et quelques professeurs de France. Le gouvernement a plus peur d'une petite société privée que d'une révolte en masse de ses agents.
S'il fallait faire un seul voeux pour 2015 ce serait celui de voir la fin de la résignation des collègues devant l'état de la profession. Bonne année 2015 !


PS : Il n'est pas dit que Ecomouv ne se pourvoit pas en justice pour obtenir plus de l'Etat !
PPS : Cette gabegie d'argent public est à rapprocher de la privatisation des autoroutes en 2005 par le gouvernement Villepin. Pour une somme dérisoire, l'exploitation des autoroutes a été cédée à des sociétés privées qui recueillent aujourd'hui un bon milliard d'euros par an. L'actuel gouvernement nous a joué récemment un mélodrame sur une éventuelle renationalisation avant la fin du contrat en 2014 pour cause de hausse abusive des péages mais cela n'a trompé personne. Les contrats d'exploitation sont parfaitement léonins au profit des sociétés et l'Etat est pieds et points liés devant elles. Toute hausse de la fiscalité serait répercutée sur les usagers. Et une renationalisation ne se ferait sûrement pas au tarif de la vente mais bien plus cher. Merci M. de Villepin et à votre majorité de l'époque ! Pour ma part, j'emprunte le plus souvent possible es routes nationales encore gratuites...


mercredi 17 septembre 2014

Pilotes, notaires : bienvenue dans les professions à modeste salaire !

Mon titre est provocateur mais il ne fait que refléter une tendance de fond de notre belle société, la baisse ou au mieux la stagnation des rémunérations de plus en plus de professions. Avec la multiplication des compagnies aériennes à bas coûts, il fallait s'attendre à ce que les compagnies traditionnelles s'alignent sur ce modèle ou créent des filiales aux tarifs compressés comme les passagers dans leurs avions. Cela passe fatalement par la réduction des salaires des personnels pour affronter la concurrence et être rentable. Cet effet de réduction ne va pas sans conséquence pour les employés de la maison mère. Je suppose qu'il doit en être de même chez les autres catégories du personnel d'Air France mais elles n'ont pas l'air de suivre le mouvement. Notons cependant la force des syndicats de pilotes de la compagnie qui arrivent à mobiliser la majeure partie de leurs adhérents dans une grève qui dure plus de 24h. Cela laisse rêveur dans l'éducation nationale...
La mobilisation est aussi remarquable pour les notaires et huissiers de justice lundi dernier. Des professions, particulièrement les notaires, dont on était à des années lumières d'imaginer qu'elles puissent descendre dans la rue. Dans le journal télévisé de France 2 d'hier, mardi 16 septembre, on pouvait même voir un drapeau CGT Huissiers ! Diable ! Une profession libérale dont un syndicat appartient à une centrale « ouvrière »... Cela me rappelle une pièce de théâtre dans laquelle la regrettée Jacqueline Mailland disait dans une réplique : « mon père était ouvrier. Ouvrier notaire ! ». Je ne suis pas partisan des monopoles dans tous les domaines. Je ne suis pas partisan non plus de la déréglementation à tout va. Mais il doit bien exister un juste milieu pour ces professions. Il n'y aucune raison valable de ne pas les ouvrir à d'autres prestataires. Si notaires et huissiers continuent de proposer un service de qualité à prix concurrentiel, il n'y a pas de raison que leurs clients les boudent...


lundi 8 septembre 2014

Cherche professeur de mathématiques à 9,53 euros de l'heure...

Tout les titulaires remplaçants étant affectés à l'année dans presque toutes les académies, et certains concours de recrutement n'ayant pas fait le plein, il ne reste plus que les petites annonces pour recruter des vacataires et boucher les trous les plus criants. Mais lorsqu'on lit cette annonce de Pôle emploi qui recherche un professeur de mathématiques pour enseigner à temps plein dans un collège à 9,53 euros de l'heure (soit un peu moins de 700 euros mensuel), on se doute que les candidats ne vont pas se bousculer ! Du même ordre de grandeur qu'une heure de ménage à domicile. Cela montre encore au passage à quel point on estime la fonction de professeur, en légère contradiction avec les discours officiels. Qui voudrait se déplacer, assurer préparation des cours et correction des copies à bac+3 minimum pour un salaire aussi dérisoire ? La crise de recrutement a encore de beaux jours devant elle...

vendredi 6 juin 2014

Futurs remplaçants « discount »

Vu sur le blog du site « Le Mammouth déchaîné », la copie d'un projet de décret du ministère de l'éducation nationale qui envisage de confier aux accompagnants des élèves en situation de handicap, ex AVS  (auxiliaires de vie scolaire), le « remplacement temporaire d'un enseignant absent » ou « de faire face à une vacance temporaire d'emploi d'enseignant ». Le tout pour 600 euros et quelques nets par mois. Voici une nouvelle catégorie de professeurs au tarif vraiment imbattable ! Evidemment la garantie de l'enseignement dispensée n'est pas garantie mais peu importe, même sans diplôme ni concours, c'est déjà bien payé pour faire de la garderie...

mardi 6 mai 2014

CAPES de mathématiques : toujours aussi peu de candidats !

S'il y a une courbe qui ne risque pas de « s'inverser » dans les années qui viennent, c'est bien le nombre de reçus au CAPES externe de mathématiques ! Pour la session 2014, 1243 postes étaient à pourvoir, seuls 793 candidats ont été admis soit un peu plus de 63%. Plus révélateur de la crise de recrutement, il n'y avait que 2529 candidats présents à l'écrit sur les 4583 inscrits au concours, soit 55%. La réforme de 2010 qui exige un master (bac + 5) pour se présenter au CAPES externe au lieu d'une licence (bac + 3) auparavant élimine les étudiants les plus modestes qui n'ont pas les moyens de poursuivre au-delà. Quant aux candidats munis d'un master scientifique, ils n'ont aucune difficulté à monnayer leur diplôme ailleurs que dans l'enseignement secondaire qui ne peut leur proposer que 1,2 SMIC en début de carrière ! Cette désaffection n'affecte pas seulement les mathématiques. Au CAPES de lettres classiques, il n'y avait que 156 admissibles pour 300 postes offerts. Les tristes sires qui oeuvrent à la disparition des concours de recrutement ne manqueront pas de dénoncer ces piètres performances pour pousser à leur disparition. Ce ne sont pas les concours qu'il faut supprimer mais bien la profession qu'il faut rendre plus attractive en début de carrière.



samedi 12 avril 2014

Pour quelques milliards de moins

Le nouveau gouvernement, reprenant les objectifs du précédent en la matière, doit économiser 50 milliards d'euros sur les dépenses publiques dans les années qui viennent. Parmi les pistes évoquées, on relève évidemment la poursuite du gel du point d'indice de la fonction publique, gel inauguré par la précédente majorité en 2010. La mesure serait valable jusqu'en 2016. On peut déjà prévoir qu'elle sera mise en sourdine en 2017, année électorale pour reprendre sans doute par la suite ! Dans le même temps, l'objectif du recrutement de 60 000 professeurs pour le reste de la mandature est maintenu. Il ne sera pas atteint au grand soulagement de ses promoteurs car les candidats ne se bousculent pas aux concours, même en cette période de « crise ». Qui voudrait en effet être payé 1,2 smic en début de carrière (en baisse constante depuis 30 ans) après 5 années d'études supérieures qui deviennent de plus en plus coûteuses et un concours encore sélectif dans certaines disciplines ? Sûrement pas des étudiants de valeur qui auront raison de rentabiliser leurs efforts dans un autre domaine ! La poursuite du gel du point d'indice accélère la paupérisation de la profession et constitue un très mauvais signal envoyé aux candidats.
Il y a pourtant des économies plus urgentes et plus rentables à faire dans le second degré. La suppression de l'accompagnement personnalisé en seconde permettrait d'en faire de substantielles ! Deux heures prévues dans l'enseignement de tous les élèves de seconde générale sans distinction de niveau, dont le rendement est quasi nul. Deux heures prises aux matières disciplinaires pour remédier aux lacunes engendrées par la baisse du volume de ces même heures consacrées aux disciplines ! Le cercle est particulièrement vicieux... Se retrouvent donc indistinctement dans ces heures d'accompagnement des élèves ayant des motivations très diverses, voire sans aucune motivation et qui attendent que ces heures passent. Qu'ils travaillent ou pas, le résultat sera le même puisque aucune évaluation ne sera faite. Le passage dans la classe de première de leur choix est quasiment assuré dès l'instant où ils entrent en seconde.
Ces dispositifs de remédiation se relaient depuis presque 20 ans dans l'enseignement secondaire au détriment des disciplines fondamentales dont les contenus ont été expurgés de toute exigence intellectuelle afin de gonfler les résultats du baccalauréat. Maintenant qu'ils sont au plus haut, je doute que le nombre de reçus s'effondre si on supprime ces dispositifs d'accompagnement ou de ne les réserver qu'aux élèves en réelle difficulté. Mais pour ces deniers, il faut d'abord se poser la question d'un mauvais choix d'orientation en filière générale... Le nouveau ministre aura-t-il le courage d'engager une réforme du lycée actuel hérité de l'ancienne majorité ? Il lui reste encore 3 ans pour agir ...


mardi 11 février 2014

Primes à gogo

Je craignais le pire en regardant le sommaire de l'émission Capital sur M6 dimanche 9 février dernier consacré aux dépenses publiques. Ce genre d'exercice médiatique a trop souvent l'habitude d'être caricaturale, surtout ce qui concerne la rémunération des fonctionnaires. Et sur ce dernier sujet, nous avons eu l'agréable de surprise de voir que les professeurs étaient totalement absents du reportage ! Et pour cause : la rémunération du personnel enseignant comporte très peu de primes, tandis que ces dernières peuvent représenter jusqu'à 30% de la rémunération d'autres catégories de la fonction publique. Primes dont le reportage pointait le caractère injustifié de certaines d'entre elles. Ce n'est pas le cas pour la seule et unique touchée par la majorité des professeurs du second degré, qui rémunère le suivi des élèves et la présence aux conseils de classe. Elle atteint à peine 100 euros par mois (99,93 euros très précisément !), mais elle est versée également pendant les vacances d'été. Pas de quoi cependant crier à la gabegie d'argent public car cette prime annuelle est versée mensuellement depuis de nombreuses années. Au final, hormis les dépenses parfois pharaoniques d'équipement de certains élus pointées dans l'émission, il y a peu de rémunérations scandaleuses dans la fonction publique ! 

jeudi 6 février 2014

Le gel qui en cache un autre

La rumeur a couru dans la presse d'un gel de l'avancement automatique et des promotions dans la fonction publique d'Etat proposé par le ministère de l'Education nationale. Le ministre a démenti avoir suggéré cette piste d'économies arguant que cette mesure n'était pas de son ressort mais celui du ministre de la fonction publique. L'argument du démenti est étonnant en ce qui concerne les personnels dont il a la charge car le ministre de l'Education peut agir de lui même sur le salaire des professeurs en modifiant la rémunération des heures supplémentaires et autres indemnités sans demander l'avis de son collègue de la fonction publique. On l'a vu récemment avec la tentative d'augmenter le service des collègues de classes préparatoire et de BTS à salaire constant. A priori rien ne l'empêche de proposer d'allonger la durée de changement d'échelon dans les nouveaux statuts des professeurs en discussion dans les commissions mise en place l'an dernier, voire les soumettre au « mérite » comme cela est proposé régulièrement (sans que le fameux mérite soit explicitement défini et pour cause!) Voilà qui ne va pas attirer les étudiants à entrer dans le métier et maintenir le pouvoir d'achat déjà modeste de ceux qui y sont déjà. L'Etat fait depuis 2012 des économies sur le dos de ses serviteurs : le gel du point d'indice de toute la fonction publique est une réalité depuis 2012. Il a été reconduit en 2014... 

dimanche 5 janvier 2014

Salaire des profs OCDE versus classement PISA

Parlons argent pour commencer puisque c'est à cet aune que beaucoup mesurent (trop) souvent ces temps-ci le prestige d'une profession. Les valeurs suivantes sont extraites d'une étude de l'OCDE. Dans le tableau original, les valeurs sont indiquées en dollars US. J'ai effectué la conversion en euros à la date de l'étude (25 juin 2013), soit 0,77 euros pour 1 dollar US. Ces salaires sont ceux du deuxième cycle de l'enseignement secondaire, c'est à dire les lycées pour la France. J'ai choisi de classer les pays par le salaire d'entrée dans la profession. C'est lui qui conditionne en partie l'attractivité du métier auprès des étudiants. Il peut donc y avoir des inversions dans le classement avec le salaire en milieu ou fin de carrière.

Pays Années vers le salaire maximal
Initial
15 ans
Maximal
Classement Pisa 2012
compréhension de l'écrit
Luxembourg
30
55824
77010
96990
30
Suisse
27
47306
...
72409
17
Allemagne
28
44164
53680
60897
19
Espagne
38
31037
35788
43532
32
Pays-Bas
15
29984
49045
50910
15
Belgique (Fr)
27
30207
43944
52978
18
Etats-Unis
...
29269
38048
43353
24
Canada
11
27361
43558
43558
8
Australie
9
26754
37840
37840
13
Irlande
22
26645
42314
47867
9
Finlande
20
26186
25673
35343
6
Autriche
34
25716
35664
51931
27
Moyenne OCDE
24
24137
32082
38591

Angleterre
12
23322
34087
34087
23
Portugal
34
23828
30356
40384
31
Italie
35
22651
28434
35466
28
Ecosse
6
23160
36947
36947
-
France
34
22246
28026
40311
21
Corée
37
21156
37072
58845
5
Japon
34
20043
35220
45581
4
Grèce
33
17558
21701
26208
40

Je n'ai pas retenu tous les états du classement de l'OCDE. Ma sélection ne comporte que des pays membres de l'Union européenne avant 1989 et quelques pays développés voisins ou plus lointains de niveau économique comparables. Ne figurent pas les pays entrés dans l'UE après 1989 qui se trouveraient dans le bas du tableau. L'absence de ces pays ne changerait donc pas la place fort modeste de la France, bien en-dessous de la moyenne de l'OCDE ! La rémunération des professeurs français n'a donc rien de scandaleusement élevée, surtout lorsqu'on la compare à celle des nos voisins allemands ou luxembourgeois ! Il était intéressant de rapprocher ce classement des dernières évaluations PISA pour voir s'il existe une corrélation entre rémunération des professeurs et « performance » des élèves. 
Dans le classement PISA de 2012, dernier en date, j'ai choisi les résultats dans la compréhension de l'écrit, là où la France est la mieux classée (21 ème) des 3 évaluations. Les deux autres classements concernent les mathématiques (France : 25 ème) et Sciences (France : 26 ème). On note la très bonne performance de nos collègues japonais et coréens qui, moins bien rémunérés que nous, conduisent leurs élèves dans le haut du classement. En revanche, nos (riches) collègues luxembourgeois sont à la peine avec leurs potaches ! Il y a quand même 8 pays mieux classés que la France à cette évaluation PISA de l'écrit chez lesquels les professeurs sont mieux rémunérés qu'en France. J'ai vérifié que les pays qui seraient en bas de mon tableau (essentiellement les derniers entrés dans l'UE) sont moins bien classés que la France à cette évaluation (à l'exception de la Pologne et de l'Estonie, respectivement 10 ème et 12 ème). Il semble que la corrélation entre rémunération des professeurs et « performance » des élèves soit bien réelle. Finalement, les professeurs français offrent des prestations fort honorables en regard de leur salaire !