jeudi 31 décembre 2015

Le père Noël gouvernemental est une ordure

On se souvient que l'an dernier à la même époque nos chers recteurs avaient été gâtés par le père Noël gouvernemental avec une augmentation de 10 000 euros de leur prime annuelle pour récompenser leurs nombreux mérites et permettre à leur modeste rémunération de base de rattraper celle de certains de leurs subordonnés, aux dires de Mme le Ministre de l'Education. Il faut croire que ces derniers s'en sont montrés fort jaloux
car un arrêté du journal officiel en date du 29 décembre 2015 nous apprend avec bonheur que l'homme en rouge est venu à nouveau réparer cette affreuse injustice avec la création d'un régime indemnitaire, comprenez de nouvelles gratifications, pour les hauts fonctionnaires rectoraux. Ces dames et messieurs se voient donc attribuer une « indemnité de fonction, de sujétions et d'expertise » dont le plafond maximal s'échelonne de 38250 à 49980 euros (et pourquoi pas 50 000 tout rond? On dirait une vulgaire promotion de supermarché !). Il est également créé un complément indemnitaire annuel de 6750 à 8820 euros pour récompenser « l'engagement professionnel et la manière de servir ». On se souvient que le ministre avait déclaré qu'on ne faisait pas le métier de professeur pour de l'argent. Il faut croire que dans la « haute » fonction publique on travaille exclusivement pour des espèces sonnantes et trébuchantes. Si le gouvernement voulait s'assurer du soutien de ces gens, il a su parfaitement le faire en leur graissant la patte. Mais comme disait Talleyrand, un gouvernement qu'on soutient est un gouvernement qui tombe...
La seule augmentation à laquelle nous, GDBFO(*), auront droit, comme tous les ans depuis 2012 et jusqu'en 2020, c'est celle de l'augmentation de la retenue pour pension civile, comprenez la cotisation retraite, qui est relevée de 0,40%. Pour un fonctionnaire à l'indice 525 brut, cela représente une dizaine d'euros en moins sur sa fiche de paye.


(*) Grouillot de base fond d'organigramme

dimanche 13 décembre 2015

Le vote utile : contre la réforme du collège !

Voici le bulletin de vote que je vais glisser tout à l'heure dans l'urne :

 
Elections régionales
6-13 décembre 2015








N. Vallot Belkacem

démission !


Non à la réforme du collège

Professeur en colère !
Je suis
L'école républicaine 

samedi 31 octobre 2015

Retraite additionnelle de la fonction publique : peu de beurre dans les épinards !

Les récentes négociations entre partenaires sociaux pour prévenir le déficit à venir des caisses de retraites complémentaires du privé nous rappelle qu'il existe un régime additionnel de retraite dans la fonction publique. En cliquant sur ce lien, on peut créer son espace personnel à l'aide de son numéro de sécurité sociale et d'un mot de passe. Le site donne le nombre de points accumulés par le fonctionnaire depuis 2005, année de création de ce régime. Il est alimenté par tout ce qui relève des rémunérations annexes au salaire principal : primes de toutes sortes, heures supplémentaires... Avec le nombre de points indiqués, on peut calculer la prestation qui sera versée en capital, si ce nombre est inférieur à 5124, ou sous forme de rente mensuelle s'il est supérieur. Cette page donne une formule pour le calcul du capital (ou de la rente globale). Pour une personne ayant accumulé 4448 points (par comparaison, votre serviteur a « accumulé » royalement 4751 points sans faire du zèle sur les heures sup'!) et partant à la retraite à 62 ans, le capital versé est 4448x1x0,04465x24,62 = 4889,61 euros. Une vraie retraite chapeau ! Dans ce calcul, le coefficient 1 est un coefficient de majoration pour un départ à 62 ans, le coefficient 0,04465 est la valeur en euros du point. Quant au coefficient 24,62, celui qui fait évidemment le plus augmenter le capital, il est indiqué qu'il est « déterminé en fonction de l'âge, par rapport à la table d'espérance de vie », table qui n'apparaît d'ailleurs pas sur la page de mon navigateur. On se doute que ce dernier ne manquera pas d'être revu, à la baisse évidemment, dans les années qui viennent... En résumé, mieux ne vaut pas trop compter sur cette retraite additionnelle pour boucler ses fins de mois de futur retraité !

jeudi 22 octobre 2015

Réforme du collège : Indifférence fera plus que résistance

La présence de plusieurs milliers de collègues et parents d'élèves dans les rues de Paris samedi 10 octobre dernier n'aura donc eu aucun impact sur la réforme du collège, comme les manifestations et grèves précédentes. C'était hélas à prévoir mais l'honneur de la profession et surtout l'intérêt des élèves valaient le déplacement. La lutte n'est pas terminée. Elle entre en fait dans sa phase décisive car après avoir considéré comme quantité négligeable l'avis des professionnels de l'instruction que nous sommes, le ministère sollicite maintenant notre collaboration active ! Un comble, alors que nous sommes sensés n'être que des exécutants de ses instructions ! Ainsi, des « volontaires » sont réclamés dans chaque établissement par les rectorats pour venir prendre connaissance des grandes lignes de la réforme pour ensuite diffuser la bonne parole aux collègues. La lecture sur le net de quelques compte-rendus de réunions qui ont eu lieu témoigne de l'impréparation de cette réforme et de l'incapacité des intervenants à répondre aux questions concrètes d'organisation des collègues. La résolution des problèmes est renvoyée à l'échelon de l'établissement, ce qui mécontente aussi les personnels de direction qui vont devoir faire face à la gestion de cette pétaudière !
Dans un collège voisin, les collègues ont décidé qu'aucun d'entre eux ne se porterai volontaire et il semble qu'ils ne soient pas les seuls d'après ce que j'ai pu lire sur les forums. Tous prennent conscience que l'application de la réforme va demander de gros efforts. Plus spécialement, les fameux et fumeux EPI, enseignement pratiques interdisciplinaires, ne pourront avoir lieu que sur la base de projets proposés par deux collègues de disciplines différentes. Hormis quelques partisans de ce genre d'activités prêts à faire du zèle auprès de leur direction, les candidats ne se bousculent pas ! A une amie-collègue peu enthousiaste à l'idée de devoir participer à ces joyeusetés, je lui ai conseillé de ne faire aucune proposition d'association. Ce sera d'autant plus facile pour elle que dans sa discipline, une collègue soit déjà sur les rangs pour participer à la mise en place de ce cirque pédagogique. Au pire, on confiera à ma collègue des classes dont les EPI ne concerneront pas sa matière. Quant au risque de se faire mal voir par la direction, je réponds que le zèle n'est pas plus récompensé que le manque d'enthousiasme n'est sanctionné ! Se tenir loin de ces EPI constitue le meilleur plan pour ne pas s'épuiser à la tâche devant le travail que va demander la préparation simultanée des cours et autres activités des 4 niveaux du collège...

dimanche 20 septembre 2015

La dictée

Bel exercice de démagogie avant hier de la part du ministre de l'éducation et d'un ancien ministre de l'autre bord ayant occupé le poste et qui brigue aujourd'hui l'investiture pour la place suprême de la République. Ainsi donc, la dame préconise une dictée quotidienne au primaire ! Parce que ce n'était pas déjà le cas ? On se s'était pas rendu compte en haut-lieu que c'est par l'entraînement quotidien qu'on assimile savoir et savoir-faire ? Mieux vaut tard que jamais. Cependant cette injonction ne coûte rien et n'oblige à rien car elle ne figure pas paraît-il dans les programmes publiés vendredi dernier. Reste pour les professeurs des écoles à trouver du temps scolaire pour pratiquer régulièrement cet exercice indispensable, si c'est encore possible au milieu de la foultitude d'activités introduites ces deux dernières décennies. Quant à l'ancien ministre F. Fillon, il confie dans le même article du Monde qu'il avait déjà préconisé la dictée quotidienne au primaire et au collège en 2004 et il avait été fortement critiqué pour cela à l'époque. Il passe évidemment sous silence l'échec et l'inutilité de son « socle commun de connaissances et compétences » introduit pour remédier aux difficultés d'apprentissage. Le comble de l'hypocrisie est atteint lorsqu'il dit craindre que le gouvernement n'ai pas assez d'autorité pour y parvenir ! Le passage en force de la réforme du collège prouve le contraire. En revanche, on peut douter de l'autorité effective de F. Fillon s'il revenait aux affaires, lui qui n'a fait que suivre les projets ravageurs des idéologues en poste au ministère et dont on mesure les conséquences aujourd'hui. Le regretterait-il aujourd'hui ? J'en doute fortement.
Je n'ai pas lu le livre qu'il vient de faire paraître. Mais je suis sur que son contenu mériterait sûrement qu'on rajoute au titre « Faire » le sous-titre « la même chose » !

mercredi 16 septembre 2015

Numérique à l'école contre productif

Nous savons depuis longtemps pour l'avoir expérimenté dans nos classes que l'usage des outils numériques n'est qu'un complément aux pratiques pédagogiques « classiques » et ne constituent pas une fin en soi. Pourtant, notre personnel politique insiste encore à voir dans ces outils une panacée universelle aux difficultés d'apprentissage des élèves. D'où ces « plans numériques » coûteux qui se succèdent périodiquement quelle que soit la majorité politique du moment. A défaut d'entendre les professionnels de base que nous sommes, nos élus devraient lire cette étude de l'OCDE qui montre que les pays qui font un usage massif des TIC (technologies de l'information et de la communication) n'améliorent pas notablement les résultats de leurs élèves ! Qu'ils rétablissent plutôt les heures de cours (et pas uniquement derrière un écran d'ordinateur) supprimées ces deux dernières décennies et ils verront les résultats vraiment progresser. Cela coûtera sûrement moins cher que d'acheter, d'entretenir, de former à l'usage puis de remiser au placard les coûteux joujoux de l'industrie numérique, rapidement frappés d'obsolescence qui plus est.

mardi 15 septembre 2015

Humour mortel

Après les événements tragiques de janvier, voici que le dessin de presse et leurs auteurs sont à nouveau l'objet de haine avec les menaces de mort proférées contre le dessinateur Chaunu. Tout cela pour un dessin montrant un enfant allongé face contre terre muni d'un cartable avec la mention en haut « C'est la rentrée ! ». Ces gens n'ont décidément aucune distance émotionnelle avec l'actualité et encore moins le sens de la dérision sinon de l'humour (mais c'est trop demander!). S'ils voyaient la dernière page du numéro 1207 de Charlie Hebdo du 9 septembre, ils s'en étoufferaient de rage ! C'est d'ailleurs curieux que personne sur le net ne se soit indigné de ce dessin. On laisse enfin Charlie Hebdo caricaturer en paix et c'est tant mieux !