Il y a
quelques années, devant le renoncement progressif de l'école à
toute exigence et sa transformation inéluctable en garderie auquel
s'ajoute la démission de certains parents, j'avais prédit à des
collègues qu'une bonne partie de nos élèves se transformeraient en
« frustrés gavés ». Gavés parce que quel que soit leur
milieu social, presque tous les biens matériels leur auront été
donnés ainsi que les diplômes bac compris (bientôt la licence!).
Frustrés parce qu'une fois dans la « vraie vie », ils ne
comprennent pas pourquoi personne ne les attend à bras ouverts et
qu'on leur demande de faire la preuve de leurs capacités. Les
« casseurs » dont on voit les méfaits dans les récentes
manifestations relèvent assurément de cette catégorie. Issus de
tous les milieux sociaux, certains ayant faits des études
supérieures, leur nihilisme violent n'est que la traduction de cette
frustration envers la société qui tarde de plus en plus à leur
faire comprendre qu'elle ne peut pas se plier éternellement à leurs
caprices d'enfants gâtés. Aucune frustration sociale ne
saurait excuser l'agression de ces policiers dans leur voiture vue
cette semaine à Paris ainsi que les jets de projectiles contre les
CRS dont le rôle est de maintenir les débordements d'excités en
tout genre. Quel contraste avec l'an dernier après l'attentat contre
Charlie Hebdo où l'on a vu des policiers applaudis voir embrassés
par des gens dans la rue ! Peut-on espérer au passage que la
justice condamne ces délinquants à réparer par un travail (mais
que savent-ils de ce mot?) les dégâts qu'ils ont causés plutôt
que de les envoyer en cellule où ils ne feront que ruminer encore
plus leur haine de la société ? Fort heureusement, le
gouvernement s'est montré à la hauteur des circonstances en
décorant les policiers pris à parti ces dernières semaines. Il
ferait encore mieux en décernant une médaille d'indignité
nationale aux auteurs de ces violences inexcusables.
samedi 21 mai 2016
mercredi 23 mars 2016
Le dégel
Après 6
années de gel du point d'indice de la fonction publique et quelques
pourcent de plus de retenue pour la retraite tous les ans, voici que
le gouvernement décide de « dégeler », provisoirement,
ce point d'indice. On nous serine pourtant depuis de nombreuses
années que « les caisses sont vides » mais voici qu'on
vient brusquement d'y découvrir quelques centaines de millions
d'euros à 12 mois et quelques de l'élection présidentielle !
La première leçon de cette annonce est qu'il sera difficile par la
suite qu'un gouvernement prétende ne disposer d'aucune marge de
manœuvre en matière d'augmentation salariale des agents de l'Etat.
La deuxième leçon à tirer est celle de l'incompétence budgétaire.
Pour financer cette largesse à l'égard de ces agents (1,2%
d'augmentation en deux fois!), le gouvernement va « redéployer
des moyens ». Mais si ces « moyens » peuvent être
redéployés, c'est qu'ils ne sont pas indispensables. Dans ce cas
pourquoi cela n'a pas été fait plus tôt ? Dernière leçon,
celle de la piètre gestion des personnels : le gouvernement
aurait été plus avisé de cibler cette augmentation vers les
personnels en début de carrière au premier rang desquels les
professeurs néo-titulaires. Une suppression des deux ou trois
premiers échelons ferait plus pour attirer des candidats de valeur
au concours que de coûteuses campagnes publicitaires pour la plupart
ridicules !
Il n'y
aura évidemment rien à attendre d'un changement de majorité sur ce
point et c'est presque une évidence de prévoir un nouvel gel du
point d'indice l'an prochain. La seule chose qui risque augmenter
sera notre temps de travail en établissement car N. Sarkozy a
déclaré récemment au journal le Monde qu'il voulait que les
professeurs travaillent 25% de plus. Sans préciser si ces heures
supplémentaires seraient rémunérées. La raison invoquée par
l'ancien président ? Aider les élèves en difficulté. Il
devrait se renseigner pour se rendre compte qu'il n'y en a plus dans
les lycées français ! En effet, sa réforme de 2009 a porté
ses fruits comme l'on sait et la réussite est assurée pour tous !
Avec plus de 80% de réussite au bac et 50% de mentions, difficile
d'affirmer qu'il y a encore des élèves en difficulté ! Quelle
raison alors y aurait-il a nous faire travailler davantage ? On
apprend qu'il souhaite supprimer sur 5 ans 300 000 postes de
fonctionnaires. Mais il ne compte pas diminuer les effectifs des
armées et de la police. Il ne reste donc que ceux des 800 000
professeurs, le plus gros effectif de la fonction publique d'Etat. En
diminuant leur nombre, il faudra bien faire travailler davantage ceux
qui resteront. Si c'est là toute l'ambition pour l'Ecole du « chef »
du principal parti d'opposition qui reviendra sans doute aux affaires
l'an prochain c'est proprement confondant de misère intellectuelle.
Nous étions tombés bien bas avec notre actuel ministre au sourire
et au dogme inoxydables, on peut en craindre autant avec son
successeur...
mercredi 9 mars 2016
Le péril jeune
Le
président de la République et son gouvernement doivent penser que
la jeunesse est bien ingrate à manifester contre son dernier projet
sur la réforme du code du travail ! Ils ne se sont pourtant pas
ménagés pour s'attirer les bonnes grâces des jeunes ces dernières
années en installant la « bienveillance » à l'Ecole et
en organisant une réforme du collège sensée rétablir une
« égalité » entre les élèves qui d'après eux, ne
serait actuellement plus assurée. Mais on ne sort de l'ambiguité
qu'à ses dépend, comme disait le cardinal de Retz, et les
« jeunes » se sont rendus compte que le projet de réforme
du code du travail, qui les concernera forcément tôt ou tard, n'a
rien de bienveillant à leur égard ! Beaucoup d'étudiants qui
doivent déjà travailler pour financer leur études le savent déjà,
ainsi que les jeunes (et moins jeunes) travailleurs sur des contrats
précaires. Et ce n'est pas en précarisant les contrats à durée
indéterminée, comme semble le prévoir le projet de loi en
question, que le chômage diminuera. Cet argument est parfaitement
spécieux et le texte relève d'une autre démarche (à défaut de
logique!), la volonté de réduire davantage les quelques protections
contre l'arbitraire que recèlent encore les contrats de travail. Il
y a certainement des choses à améliorer dans ce domaine mais le
faire au nom de la réduction du chômage est une escroquerie
intellectuelle.
Il est à
la fois amusant et un peu inquiétant de constater que l'actuel
président et les deux précédents n'ont reculé sur leurs projets
devant les manifestations d'aucune catégorie de salarié du public
ou du privé mais l'on fait à chaque fois que des jeunes sont
descendus dans la rue ou en ont manifesté l'intention. Comme on
aurait aimé que les élèves manifestent contre la réforme du
collège l'an dernier !
dimanche 7 février 2016
Le nénuphar tombé du phare
La
réforme du collège ne suffisant pas à abaisser encore plus le peu
qui est encore enseigné à l'école française, voici que le
ministère, sans doute dans le but de faire diversion, annonce une
réforme de l'orthographe ! En fait, on apprend qu'il s'agit
d'appliquer celle élaborée par l'Académie française en 1990 et
dont tout le monde avait oublié l'existence et plus encore oublié
de l'appliquer. Mais voilà que le ministère de l'éducation donne
maintenant consigne de l'appliquer dès la rentrée 2016 à commencer
par les manuels scolaires qui devront mentionner la nouvelle
orthographe de certains mots. De soit-disant (oups ! J'ai oublié
d'enlever le trait d'union comme l'exige la réforme!)
simplifications qui cachent de nouvelles règles et exceptions.
Ainsi, l'accent circonflexe sur le i et le u est censé disparaître
(re-oups!) sauf dans certains mots pour ne pas les confondre avec
d'autres, comme mûr et sûr par exemple. Mais exception à
l'exception, mûr finit par perdre son accent au pluriel : un
fruit mûr mais des pommes mures ! On pourrait multiplier les
exemples puisque ce ne sont pas moins de 2400 mots qui passent ainsi
à la moulinette (encore deux t ?). Le summum est atteint quand
même avec nénuphar dont on pourra remplacer les lettres p et h par
f. Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Autant faire la
substitution dans phare et pharmacie tant que nous y sommes. Après
tout, l'officine de médicaments ne s'écrit-elle pas farmacia en
espagnol ? Voilà qui marquerait un rapprochement dans
l'orthographe des langues latines. Ajoutons aussi le pH en chimie
avec lequel nous torturons les élèves à écrire petit p et grand
H. Plus de problème avec la seule lettre f ! La notion en perd
totalement sa signification mais que n'est on pas prêt à faire pour
ne plus ennuyer nos élèves avec des règles rétrogrades et d'un
autre temps !
Hélas,
ce n'est pas sur ces quelques particularités que l'orthographe des
élèves pêche (pèche, peche?) le plus mais bien sur les accords et
autres conjugaisons. La confusion entre l'indicatif et le participe
passé des verbes du premier groupe est à son comble dans les copies
qui passent sous les yeux. J'avoue que de guerre lasse, je ne les
corrige même plus. Je laisse le soin au marché du travail de trier
le bon grain de l'ivraie parmi les futurs candidats à l'emploi que
constituent nos élèves, si toutefois l'orthographe représente
encore une qualité appréciée des recruteurs. Lorsque l'orthographe
fantaisiste sera majoritaire dans les écrits, elle finira forcément
par représenter la norme ! Les personnes de moins en moins
nombreuses écrivant correctement ne formeront plus qu'un réduit
d'irréductibles gaulois...
vendredi 1 janvier 2016
Trois heures de travail gratuit pour les agrégés en collège ?
Payez
encore plus quelques uns en haut et faire trimer davantage les autres
en bas pour le même salaire (voire moins!) est donc la nouvelle politique du ministère. Le site du SNALC
révèle que l'inspection générale envisage d'aligner le service
des agrégés affectés en collège sur celui des certifiés. Trois
heures de travail gratuit sans aucune compensation évidemment !
Quel contraste saisissant avec les primes mirobolantes récemment
accordées aux « hauts » cadres des rectorats évoquée
dans l'article précédent. Au delà de la scélératesse de cette
mesure qui signerait la fin immédiate des corps dans la fonction
publique pour leur substituer une logique d'affectation, on note
le formidable gâchis de compétence qu'il y a à maintenir près de
8000 agrégés en collège, souvent contre leur gré, soit autant que
dans l'enseignement supérieur. Curieuse conception des « ressources
humaines » et d'utilisation des talents à leur juste niveau de
recrutement ! S'il y avait encore du sens à voir des agrégés
en collège il y a encore 20 ans cela n'en a plus aucun maintenant
vu la misère des programmes scolaires qui ont éliminé toute
ambition. La récente réforme ne va rien arranger sur ce plan avec
ses EPI, véritable fumisterie éducative qui n'a été instituée
que pour faire des économies sur le dos des élèves. Apparemment,
les économies ne suffisent encore pas et on tente en haut lieu de
faire travailler gratuitement les professeurs déjà très sollicités
en collège ou ailleurs. Cette nouvelle année commence très fort pour nos conditions de travail!
On
apprend ce matin que la « promotion » du premier janvier
de la légion d'honneur récompense à titre posthume les
dessinateurs et rédacteurs de Charlie Hebdo assassinés le 7 janvier
dernier. J'imagine que là où ils sont, ils ont dû recevoir la
nouvelle dans un grand éclat de rire ! S'ils disposent d'un
support et de crayons, ils ne manquent sûrement de se gausser sans
limites de cette attribution. Dommage que nous ne pouvons en voir le
résultat !
jeudi 31 décembre 2015
Le père Noël gouvernemental est une ordure
On se
souvient que l'an dernier à la même époque nos chers recteurs
avaient été gâtés par le père Noël gouvernemental avec une
augmentation de 10 000 euros de leur prime annuelle pour récompenser
leurs nombreux mérites et permettre à leur modeste rémunération
de base de rattraper celle de certains de leurs subordonnés, aux
dires de Mme le Ministre de l'Education. Il faut croire que ces
derniers s'en sont montrés fort jaloux
car un
arrêté du journal officiel en date du 29 décembre 2015 nous
apprend avec bonheur que l'homme en rouge est venu à nouveau réparer
cette affreuse injustice avec la création d'un régime indemnitaire,
comprenez de nouvelles gratifications, pour les hauts fonctionnaires
rectoraux. Ces dames et messieurs se voient donc attribuer une
« indemnité de fonction, de sujétions et d'expertise »
dont le plafond maximal s'échelonne de 38250 à 49980 euros (et
pourquoi pas 50 000 tout rond? On dirait une vulgaire promotion de
supermarché !). Il est également créé un complément
indemnitaire annuel de 6750 à 8820 euros pour récompenser
« l'engagement professionnel et la manière de servir ».
On se souvient que le ministre avait déclaré qu'on ne faisait pas
le métier de professeur pour de l'argent. Il faut croire que dans la
« haute » fonction publique on travaille exclusivement
pour des espèces sonnantes et trébuchantes. Si le gouvernement
voulait s'assurer du soutien de ces gens, il a su parfaitement le faire en leur graissant la patte. Mais comme disait Talleyrand, un
gouvernement qu'on soutient est un gouvernement qui tombe...
La seule
augmentation à laquelle nous, GDBFO(*), auront droit, comme tous les
ans depuis 2012 et jusqu'en 2020, c'est celle de l'augmentation de la
retenue pour pension civile, comprenez la cotisation retraite, qui
est relevée de 0,40%. Pour un fonctionnaire à l'indice 525 brut,
cela représente une dizaine d'euros en moins sur sa fiche de paye.
(*)
Grouillot de base fond d'organigramme
dimanche 13 décembre 2015
Le vote utile : contre la réforme du collège !
Voici le
bulletin de vote que je vais glisser tout à l'heure dans l'urne :
Elections
régionales
6-13
décembre 2015
N.
Vallot Belkacem
démission !
Non
à la réforme du collège
Professeur
en colère !
Je suis
L'école républicaine
L'école républicaine
Inscription à :
Articles (Atom)
